Les informations se suivent et ne se ressemblent pas concernant les nombreux harraga algériens qui ont fait le choix de traverser la Méditerranée avec tous les risques que cela représente. Entre les harraga sauvés des naufrages et ceux qui arrivent sains et saufs, il y a ceux dont les corps ne sont pas identifiés.

En effet, l'activiste espagnol du Centre international pour l'identification des migrants disparus (CIPIMD), Francisco Jose Clemente Martin, est toujours au four et au moulin quand il s'agit de la prise en charge des harraga algériens cherchant à rejoindre les côtes espagnoles. Il faut dire que cet activiste a eu du pain sur la planche durant cette saison estivale qui a vu des centaines, voire des milliers, d'Algériens quitter les côtes algériennes pour rallier la rive nord de la Méditerranée.

Sa page Facebook, suivie par des dizaines de milliers de personnes, principalement des Algériens et des Marocains, sert quotidiennement à alerter ses followers des sauvetages et des naufrages, mais aussi à demander de l'aide pour identifier des harraga décédés. Francisco Jose Clemente Martin fait toujours attention à ce qu'il publie, de peur qu'il heurte la sensibilité des familles sans nouvelles de leurs enfants.

Des femmes naufragées entre octobre 2021 et mai 2022

C'est le cas ces derniers jours avec trois femmes décédées après avoir tenté la traversée. L'activiste du CIPIMD a publié trois communications différentes pour demander l'aide dans l'opération d'identification de trois femmes mortes après le naufrage de leurs embarcations. La première publication date du 17 août, mais les deux dernières ont été publiées samedi 20 août par Francisco Jose Clemente Martin.

Il donne des détails pour que leurs familles puissent reconnaître les jeunes femmes. Dans la publication du 17 août, illustrée par la photo d'un médicament Fluverbien 100 mg que la victime prenait, il s'agit d'une femme qui a tenté la traversée en janvier 2022. « Deux anneaux rouillés, T-shirt rayé basique, veste, leggings noirs, rouge à lèvres et collier », écrit l'activiste qui demande à être contacté si quelqu'un reconnaît les articles cités, particulièrement le médicament.

Dans une publication datant du vendredi 19 à samedi 20 août, le militant dit rechercher la famille d'une jeune Algérienne décédée en Espagne en tentant la traversée. Pour lui, la traversée a eu lieu entre janvier et mai 2022. Il croit qu'il peut s'agir de la même traversée avec la femme citée plus haut. « Taille 1m78, 2 anneaux, physiquement conservée, 2 dreadlocks sur la tête (sortes de tresses à la rasta, NDLR). Portait plusieurs T-shirts et plusieurs pantalons, foulard noir et blanc », précise Francisco Jose Clemente Martin dans sa publication, en appelant ses followers à l'aider à retrouver la famille de la défunte.

Une heure après, l'activiste ajoute une nouvelle publication sur une autre Algérienne décédée. Mais cette fois M. Martin pense qu'elle fait partie des naufragés de l'embarcation d'octobre 2021. Il parle d'un collier en or et d'un gilet de sauvetage orange et noir. Il précise aussi que la femme en question mesurait 1m65 et avait des cheveux bruns. « Si vous avez un membre de votre famille disparu avec ces caractéristiques possibles, contactez-moi », conclut l'activiste du CIPIMD qui continue à accomplir sa mission dans l'identification des disparus entre les harraga.