De nombreux Algériens de l’étranger sont en colère en raison de l’interdiction de transporter certains produits lors de leurs voyages de retour vers leurs pays de résidence. En effet, les services de la douane algérienne procèdent à la saisie de tout produit "interdit à l’exportation" au niveau des ports et aéroports du pays. Une situation qui a amené de nombreux ressortissants algériens à saisir les députés de l’émigration afin d’intercéder en leur faveur auprès des pouvoirs publics.

C’est une tradition ancrée chez la majorité des Algériens de l’étranger. Lors de leur retour des vacances au bled, ils n’hésitent pas à transporter dans leurs bagages tout produit qui constitue à leurs yeux "la saveur du pays". De l’huile d’olive au couscous en passant par les fruits de saison, les Algériens installés dans d'autres pays aiment transporter avec eux tout ce qui est un label algérien.

Souvent les services des douanes algériennes "ferment les yeux" lors des contrôles au niveau des ports et aéroports en laissant les ressortissants algériens prendre dans leurs bagages les produits de leur choix. Mais les choses ont complément changé cette année, puisque selon de nombreux témoignages sur les réseaux sociaux, "les douanes algériennes saisissent tout produit interdit à l’exportation".

En effet, les autorités algériennes ont instruit les services de la douane à appliquer strictement le règlement concernant les produits "prohibés" à l'exportation au niveau des ports et des aéroports du pays. Parmi les produits interdits à l’exportation, on trouve notamment les produits alimentaires dont les prix sont subventionnés par l'État. Il s'agit du blé dur, le blé tendre, l'orge, la semoule, la farine, les pâtes alimentaires, le couscous…

Les Algériens de l'étranger fouillés minutieusement par les éléments de la douane

En application de ce règlement, les services des douanes procèdent régulièrement à la saisie de nombreux produits "prohibés" à l’exportation. Les agents de la douane effectuent des fouilles minutieuses dans les bagages des voyageurs et procèdent à la saisie de tout produit concerné par l'interdiction. Selon de nombreux témoignages, les agents de la douane effectuent également des saisies sur certains produits du terroir, à l’instar de l’huile d’olive, du miel dont les quantités exportées sont jugées excessives.

Devant cette situation, de nombreux Algériens de l’étranger ont affiché leur colère sur les réseaux sociaux et saisi les autorités par le bais des députés de l’émigration. Dans une déclaration, samedi 3 septembre au journal Echorouk, le député de l'émigration Tawfiq Khedim a indiqué avoir reçu de nombreuses réclamations de la part des représentants de la diaspora concernant le recours des services de la douane à la saisie de nombreux produits au niveau des ports et aéroports.

Un député de l’émigration dénonce "l’excès de zèle" de certains douaniers

Pour le député, "cette décision de la douane algérienne intervient dans le cadre des instructions du gouvernement algérien concernant l’interdiction de transporter à l’étranger tout produit subventionné par l’Etat". Tawfiq Khedim qui justifie cette décision par "le souci de l’Etat de préserver les produits subventionnés de la contrebande", a appelé les Algériens de l’étranger à faire preuve de "compréhension" en évitant de transporter les produits alimentaires subventionnés. Le même député a également précisé qu’une majorité des Algériens de l’étranger "ignorent" la réglementation régissant les produits interdits à l’exportation.

Par ailleurs, le même député à tenu à dénoncer ce qu’il qualifie d' "excès de zèle" de certains agents de la douane au niveau des ports et des aéroports algériens. "Je ne vais pas aller jusqu’à accuser certains agents de la douane de chantage envers les voyageurs, comme cela m’est rapporté par certains ressortissants algériens mais je parle de cette tendance à saisir des produits du terroir tels que l’huile de l’olive et le miel même en petite quantité alors que tout le monde sait que les ressortissants algériens emportent avec eux ces produits pour leur consommation et non à but commercial", dénonce-t-il.