Aujourd’hui en France, le prénom qu’on porte est pour beaucoup dans la réussite. Preuve en est le témoignage accablant d’un écrivain qui, après avoir changé de nom, voit l’horizon s’ouvrir devant lui. "Au moment où j’ai changé de nom, j’ai reçu des centaines d’appels", déclare, en effet, Hamid Aït-Taleb, alias Xavier Le Clerc, sur France Inter.

Pour Xavier Le Clerc, auteur de trois romans, "peu importe les diplômes et l’expérience, une donnée reste plus importante que les autres : le nom que vous portez". Invité cette semaine à la matinale de France Inter, l’auteur d’Un homme sans titre, publié aux éditions Gallimard, est revenu sur son changement de nom. Une nécessité pour lui, dans un pays comme la France où la carrière des personnes peut être entravée par une identité civile qui renvoie à leurs origines étrangères.

"C’est malheureux de l’admettre mais c’est un constat. J’avais deux masters à la Sorbonne et pas un seul appel pour un entretien. Je suis loin d’être le seul d’avoir vécu cela. Au moment où j’ai changé de nom, en remplaçant Aït-Taleb par Le Clerc, j’ai reçu des centaines d’appels. Depuis, je n’ai jamais postulé à un poste, on est venu me chercher à chaque fois", raconte l’écrivain.

Discriminations à l'embauche en France : Il vaut mieux avoir un prénom français

Déjà, en 2010, une étude de la French-American foundation, s’est penchée sur le problème de discrimination à l’embauche qui existerait en France vis-à-vis des personnes ayant un prénom musulman. Cette étude, consistait à rechercher si les discriminations à l’embauche constatées, dans des études antérieures à l’égard des français d’origine maghrébine était due à leur origine maghrébine (une sorte de racisme anti-maghrébin), ou bien au fait que les candidats à l’embauche soient de religion musulmane. L’une des conclusions les plus importantes de cette étude est la suivante : "Pour être reconnu par tous comme un Français, il vaut beaucoup mieux avoir un prénom français".

En 2020, une autre étude pointe du doigt de grandes entreprises françaises qui discrimineraient, dans leurs processus d’embauche, les candidatures à consonance maghrébine. Les entreprises mises à l’index par ce testing sont Air France, AccorHotels, Altran, Arkema, Renault, Rexel et Sopra Steria. Le gap de chance entre un "manifestement maghrébin" et un "Français visiblement de souche" serait de 25 %. Le premier aurait 9,3 % de chance d’obtenir une réponse partiellement positive à sa demande contre 12,5 % pour celui dont le nom a une "consonance française".