Suite au refus du consulat de France à Alger d’accorder un visa court séjour au père de Mélissa, une Algérienne gravement malade, une trentaine de manifestants ont observé, mardi 14 septembre, un sit-in devant le collège Paul Klee à Thiais (Paris). "Mélissa avec son papa", ont-ils scandé en chœur.

Élève de quatrième, Mélissa souffre d’une maladie dégénérative qui provoque l’apparition de tumeurs. Suivant leur emplacement, ces tumeurs doivent être enlevées chirurgicalement, et c’est à l’occasion d’une opération de ce type que Mélissa a été victime d’un accident vasculaire-cérébral. En soins intensifs, la jeune collégienne est consciente, mais son état de santé s’est dégradé puisqu’elle souffre d’une paralysie. "J’ai été hospitalisée et je sais ce que c’est que de ne pas avoir ses parents avec soi. C’est angoissant. Ça devrait être normal de la laisser voir son père, d’autant qu’il a fait toutes les démarches pour être en règle", se désole une camarade de classe de Mélissa dans un mégaphone.

Appel aux autorités françaises pour faire preuve d’humanité et d'accorder un visa au père de l'Algérienne

"Nous demandons aux autorités française de faire preuve d’humanité", plaide Pablo Krasnopolsky, porte-parole du collectif Réseau éducation sans frontière (RESF) du Val-de-Marne, pour qui cette situation kafkaïenne résulte de la politique du gouvernement de limitation des visas délivrés aux ressortissants algériens. "Ils mettent la pression sur le consulat de France à Alger pour maintenir l’interdiction de délivrance. Ce n’est pourtant pas la mer à boire que de faire venir un père pour son enfant malade, il semble que pour Gérald Darmanin, ça le soit. J’ai bon espoir que l’indignation soulevée par cette situation fasse pression sur les autorités", espère-t-il.

A rappeler que l’année passée déjà, un mouvement de la même nature a été enclenché parce que la mère de Mélissa avait reçu une obligation de quitter le territoire français. "L’Etat estimait alors que l’Algérie pouvait soigner Mélissa et la scolariser. Or, il n’y a ni l’équivalent en soins, ni en matière de prise en charge éducative là-bas. Ils ont finalement entendu raison", explique Catherine Binaux, coordinatrice des Unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) du collège. Et d’ajouter : "Nous demandons à l’administration française de prendre en compte cette situation particulière et revendiquons de l’humanité pour cette famille".