Des milliers de jeunes des pays d’Afrique tentent la traversée clandestine de la Méditerranée avec l’espoir de débarquer en Europe. Des voyages à haut risque qui se terminent parfois par des tragédies. Des migrants clandestins disparaissent en effet en mer sans que leurs corps ne soient retrouvés. Une situation qui a conduit de nombreuses familles des disparus originaires d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, du Mali et d’autres pays africains à s’organiser pour obtenir vérité et justice.  

Le phénomène de la migration clandestine a pris ces dernières années des proportions alarmantes. Aucun pays d’Afrique n’est épargné. Des milliers de jeunes, de moins jeunes et des familles entières tentent la traversée de la Méditerranée à bord d'embarcations de fortune dans le but d’atteindre la rive sud de l’Europe. Si la majorité des migrants sont originaires d’Afrique du nord, des centaines de jeunes des pays d’Afrique subsaharienne sont également tentés par l’aventure.

Les chiffres annoncés par les organismes de défense des droits humains et des autorités des pays d’accueil sont effarants. Rien que la semaine dernière, ils étaient plus de 1.500 migrants algériens appelés communément "Harraga" à avoir rejoint les côtes espagnoles en l’espace de 3 jours. Malheureusement, l’aventure des ces harraga se termine souvent par des tragédies. En effet, ils sont des centaines de jeunes à périr en mer sans que leurs corps ne soient retrouvés.

Les familles de harraga manifestent à Zarzis, en Tunisie

Originaires de Tunisie, d’Algérie, du Maroc, du Mali et d’autres pays africains, des familles des migrants disparus en mer ont manifesté cette semaine dans la ville tunisienne de Zarzis. Cette manifestation a été organisé "pour se soutenir, rendre hommage, mais surtout, trouver des moyens pour obtenir vérité et justice après des années de silence", rapporte le site tunisien Inkyfada.

De nombreux proches de harraga algériens disparus ont, pour rappel, organisé des manifestations en Algérie. Ces familles ont interpellé les hautes autorités du pays afin d'intervenir pour les aider à connaître le sort de leurs enfants. Mais la manifestation de Zarzis et la date du 6 septembre a été choisie "en hommage aux 80 disparus après le naufrage d’une embarcation partie de Tunisie et ayant disparu au large de l’Italie le 6 septembre 2012".

L’un des objectifs de cette "CommemorAction" est de faire converger les luttes d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest. "Malgré toute ma souffrance, le fait d’être ici, avec d’autres familles de disparus et de lutter ensemble m’apporte une certaine paix", confie la mère d’un disparu. Dans leur quête d’informations, des familles se retrouvent sur les mêmes dossiers. C’est le cas de ces deux mères, Nadia et Mongia, l’une Algérienne, l’autre Tunisienne, qui se sont rendues compte que leurs fils, disparus en 2010, étaient sur la même embarcation, rapporte le site tunisien.