Le secteur de l'informel prend une place prépondérante dans l'économie algérienne. L'argent généré par ce secteur échappe à tout contrôle. Depuis quelques mois, le gouvernement multiplie les déclarations d'intentions pour le récupérer, mais sans grand succès. Le nouveau ministre des Finances Brahim Djamel Kassali s'est exprimé sur le sujet et a notamment préconisé l'utilisation de la finance islamique pour attirer ces fonds qui circulent hors des circuits bancaires.

Le secteur de l'informel en Algérie, communément appelé « marché noir », absorbe d'énormes quantités d'argent. Selon les chiffres de la Banque d'Algérie, rendus publics en 2021, la masse monétaire circulant en dehors du secteur bancaire a connu une hausse conséquente[1]Algérie : Une très grande masse monétaire circule dans l'informel. Cette masse a atteint 6140,7 milliards de dinars à la fin de l’année 2020. Soit une hausse de 12,93 % durant une seule année. L’argent thésaurisé et qui alimente le secteur de l’informel avait alors atteint 34,73 % de la masse monétaire, alors qu'il représentait 32,94 % à fin 2019.

Les différents ministres des Finances, dont l'actuel – Aïmene Benabderrahmane –, ont tous promis de trouver des solutions à ce problème qui touche à l'économie nationale. Cet ancien ministre des Finances promu au poste de Premier ministre avait affirmé il y a une année que le plus important est « de sensibiliser » les détenteurs des sommes importantes du marché parallèle. Il a également lorgné du côté du secteur en affirmant : « Nous ne sommes pas leurs ennemis, nous sommes en train de mettre en place tous les dispositifs légaux ».  Une stratégie qui n'a pas été payante étant donné que la bancarisation ne s'est pas améliorée entre temps.

Pour le ministre des Finances actuel, la solution à ce problème réside dans la mise en place de la finance islamique. Il a préconisé des financements non conventionnels de l'économie nationale en se basant sur la finance islamique. Lors de la réunion du gouvernement avec les walis, Brahim Djamel Kassali a affirmé que la finance islamique est la solution pour capter l'argent de l'informel.

Depuis son lancement, la finance islamique n'a pas été d'un grand secours pour récupérer l'argent de l'informel. Elle révèle juste l'improvisation qui caractérise le secteur. Avec ces « solutions », le gouvernement démontre surtout et à chaque fois qu'il n'a aucune stratégie pour capter l'argent de ce secteur, sinon le « marché noir » serait affaibli après la mise en place de la finance islamique depuis plusieurs mois.

Par ailleurs, pour trouver une solution à cet épineux problème, le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) devait proposer des instruments de lutte contre le marché informel en Algérie. Reda Tir avait révélé que « le CNESE compte mettre en œuvre un modèle d'évaluation de l'économie informelle à travers une approche moderne impliquant la cohérence entre les stocks et les flux d'argent circulant dans l'informel dans le but d'améliorer les résultats d'évaluation des chiffres de l'économie parallèle du pays ».