Le secteur de l'informel prend une place prépondérante dans l'économie algérienne. L'argent généré par ce secteur échappe à tout contrôle et circule hors des circuits bancaires. Depuis quelques mois, le gouvernement multiplie les déclarations d'intentions pour récupérer cet argent, mais sans grand succès. C'est dans ce contexte que la Haut conseil islamique entre dans l'arène, en mobilisant les imams afin d'inciter les opérateurs économiques et les citoyens à bancariser leurs argents à travers la finance islamique. 

Le Haut conseil islamique a lancé une compagne pour inciter les opérateurs économiques qui travaillent dans l'informel à bancariser leurs argents selon les formules de la finance islamique. Ce haut conseil estime que les gens ne mettent pas leurs argents dans les banques pour éviter le Ribâ (crédit usuraire). Selon les érudits, l'islam est sans ambiguïté à ce sujet : il est illicite d'emprunter ou de prêter de l'argent avec un intérêt.

C'est dans ce sens que plusieurs banques ont lancé la finance islamique. Les dernières en date sont la Banque extérieure d'Algérie (BEA) et la Banques de développement local (BDL). C'est pour la promotion des ces opérations qu'est intervenu le président du Haut Conseil Islamique (HCI), Bouabdellah Ghlamallah. Ce dernier a affirmé qu'il a pris contact avec des opérateurs économiques pour leur assurer que ces opérations de la finance islamique sont licite (halal).

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La finance islamique : une solution miracle ?

Il faut dire que depuis son lancement, la finance islamique n'a pas été d'un grand apport pour récupérer l'argent de l'informel. Elle révèle juste l'improvisation qui caractérise le secteur. Avec ces « solutions », le gouvernement démontre à chaque fois qu'il n'a aucune stratégie pour capter l'argent de l'informel.

Ces solutions démontrent également que les autorités restent dans l'expectative et préfèrent laisser faire en fermant les yeux sur ce secteur qui génère aussi de l'emploi et qui produit une masse monétaire importante, tout en activant au vu et au su des autorités sur les places publiques sans être inquiété.

Par ailleurs, pour trouver une solution à cet épineux problème, le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) devait proposer des instruments de lutte contre le marché informel en Algérie.

Reda Tir avait révélé que « le CNESE compte mettre en œuvre un modèle d'évaluation de l'économie informelle à travers une approche moderne impliquant la cohérence entre les stocks et les flux d'argent circulant dans l'informel dans le but d'améliorer les résultats d'évaluation des chiffres de l'économie parallèle du pays ».