Privée de docteur depuis plus d’un an, une commune de France a sollicité un couple de médecins algériens pour venir y exercer. Mais faute de visa, les deux praticiens algériens n’arrivent toujours pas à rejoindre leurs postes en France au grand dam de quelque 600 citoyens de cette commune rurale.   

Près d’un tiers de la population française vit dans un désert médical. C'est ce que relève un rapport sénatorial remis le 29 mars 2022, qui souligne la nécessité de rétablir rapidement l'équité territoriale en matière d'accès aux soins. Ce sont surtout les communes rurales qui sont les plus impactées par cette situation, comme c’est le cas à Parisot, une petite commune de 600 personnes privées de docteur depuis un an.

Suite au départ, il y a plus d’une année, du seul médecin exerçant dans cette commune du nord-est du Tarn-et-Garonne, le maire Alain Iches s’est retrouvé dans l’expectative. Les quelque 600 habitants de la commune se retrouvent sans médecin de famille. Malgré les nombreux écrits adressés aux autorités sanitaires, le maire n’a pas réussi à trouver un médecin. Il finit tout de même par trouver une solution : un couple de médecins algériens prêt à venir s’installer à Parisot.

Le couple de médecins algériens attend les visas depuis le mois de mai

Mais un incroyable imbroglio administratif les en empêche. En effet, le couple de médecins algériens et leurs deux enfants de 2 et 4 ans n’ont pas réussi à obtenir des visas. « On entend partout qu’on manque de médecins dans nos campagnes, et quand on en trouve deux, on ne fait rien pour faciliter leur installation », s’insurge le maire de Parisot dans une déclaration le 28 septembre au journal régional La Dépêche.

Pourtant les deux médecins algériens se disent prêts, depuis le mois de mai, à tout lâcher pour venir exercer la médecine libérale dans cette petite commune de France. « Dès que le visa sera prêt, on pourra venir la même semaine », affirme depuis Alger le docteur Kaci dans un reportage diffusé sur TF1. Mais le visa, demandé au mois de mai, n’est toujours pas délivré. « On pensait vraiment que c’était juste le fait de déposer le dossier, que ça allait être pris en charge. Mais après ça, on attend toujours », regrette-t-il.

Exercer la médecine en France, pas si simple

Face à cette situation, le maire de Parisot ne cache pas sa colère. « C’est absurde, on frise le ridicule », dénonce-t-il, lui qui se démène depuis le début de l’été pour faire venir les deux médecins algériens. Le maire sait aussi que même si le couple algérien arrive en France, il lui faudra passer par d’autres étapes afin de pouvoir y exercer. En effet, les docteurs diplômés hors de l'Union européenne doivent décrocher le feu vert du Conseil national de gestion pour les équivalences, puis une inscription au tableau de l’Ordre des médecins.

« La plupart du temps, ça se passe très bien avec les personnes formées dans les facultés de pays comme l’Algérie. La commission doit s’assurer que les professionnels présentent des diplômes en bonne et due forme », explique Grégory Allaux, président de l’Ordre des médecins de Tarn-et-Garonne. Les deux praticiens algériens n’attendent donc que le visa pour pouvoir exercer en France comme les dizaines de milliers de leurs concitoyens qui peuplent les structures sanitaires de l’Hexagone.