Les médecins algériens partis en France n’exercent pas leur métier dans les mêmes conditions que leurs confrères diplômés en Europe. Confrontés à l’épineux problème de l’équivalence de leurs diplômes, les praticiens algériens font souvent face à une ségrégation salariale par rapport à leurs homologues français ou européens.

Des centaines de médecins quittent chaque année l’Algérie pour rejoindre la France. Les chiffres évoquent des milliers de médecins algériens, toutes spécialités, qui exercèrent actuellement dans les différentes structures sanitaires en France. Les médecins algériens sont d’ailleurs considérés comme la plus importante communauté de praticiens étrangers en France, en dehors de ceux de l’Union européenne.

Au début de l’année en cours, ils étaient plus de 1 200 médecins algériens ayant réussi les épreuves de vérification des compétences (EVC) et donc éligibles à exercer leur profession dans les hôpitaux français. C’est une véritable hémorragie, déplorent les acteurs du secteur de la santé en Algérie. Mais une aubaine pour la France, qui pourra compéter sur ces médecins algériens.

Des médecins algériens confrontés au problème d’équivalence de leurs diplômes en France

Alors que la majorité de ces médecins algériens ont quitté le pays dans l’espoir de trouver de meilleures conditions de travail en France, la réalité du terrain serait tout autre. En effet, la majorité de ces nouveaux médecins arrivés en France se heurtent à de nombreux problèmes liés notamment au statut et au salaire. Des problèmes auxquels sont confrontés également les médecins des autres nationalités, en dehors de l’UE, arrivés en France.

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Selon les statistiques officielles, près de 5 000 médecins diplômés hors de l'Union européenne (PADHUE), dont parmi eux des Algériens, exercent dans des hôpitaux publics français, comme non-titulaires, avec des salaires inférieurs aux praticiens européens. C’est ce que rapportait samedi 18 juin l’agence AFP. Ces milliers de médecins doivent entreprendre « un vrai parcours du combattant » pour pouvoir exercer leur métier en France dans les mêmes conditions que leurs confrères diplômés en Europe, selon la même source.

C’est le cas de ce médecin algérien, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie, qui a raconté les déboires qu’il vit depuis son arrivée en France. « J’opère plus de 400 personnes par an, je forme des internes, je suis membre de dix sociétés savantes, je participe à des congrès internationaux. Et malgré cela, j'ai toujours un contrat précaire », raconte-t-il à l’AFP. « C'est une hypocrisie », ajoute-t-il.

« En France, j’ai exercé en faisant fonction d'interne, mais sans le salaire », témoigne un chirurgien algérien

Arrivé en France en 2017, à l'issue de ses études de médecine en Algérie, le chirurgien algérien dit avoir exercé en « faisant fonction d'interne, mais sans le salaire », avant de partir pour deux années aux Antilles en pleine pandémie de Covid-19. À son retour en Métropole, le chirurgien algérien devrait voir sa situation régularisée pour avoir justifié de deux ans d'exercice en France. Il dépose un dossier en mai 2021 et obtient une « autorisation provisoire d'exercice valable jusqu'au 31 décembre 2022 ». Mais depuis, rien de nouveau. « Et pour après c'est le flou le plus total », se désole-t-il.

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Le témoignage de ce chirurgien algérien est corroboré par une praticienne sénégalaise. Psychiatre de formation dans son pays, cette Sénégalaise, qui a exercé comme cheffe de service et enseignante à la fac, n’arrive toujours pas à régulariser sa situation en France. La commission nationale n'a pas voulu lui accorder d'autorisation d'exercice et lui a demandé de nouvelles études. « J'ai l'impression qu'ils n'ont pas lu mon dossier », se désole-t-elle. « Ils veulent garder des médecins à bas prix », ajoute-t-elle à l’AFP.