Obtenir un visa pour la France est devenu de nos jours un vrai casse-tête pour les ressortissants algériens, et leurs voisins tunisiens et marocains, et ce quel que soit leur statut social. C’est le cas notamment pour les médecins qui trouvent toutes les peines du monde à dénicher un visa pour la France dans le cadre de leurs activités professionnelles et scientifiques.

Pourtant la France constitue la destination préférée des médecins du Maghreb pour y exercer leur métier. Chaque année, des centaines de médecins algériens s’installent en France. Ils sont près de 1 200 praticiens algériens à rejoindre les hôpitaux français pendant l'année en cours, après avoir réussi aux épreuves de vérification des connaissances (ECV) auxquelles ils sont soumis en France.

Mais paradoxalement, au moment où la France ouvre ses bras pour accueillir chaque année des milliers de médecins algériens dans le cadre de l’émigration, ce pays n’hésite pas à serrer la vis envers d’autres praticiens de ces pays pour l’obtention d’un visa dans le cadre de leurs activités scientifiques en France. Une situation mainte fois dénoncée par des professionnels de la santé en Algérie, au Maroc et en Tunisie.

Une lettre ouverte adressée le 4 mai dernier par le docteur Mohamed Ghannem, président de l’Association Francophone de Cardiologie préventive et président du GERS-P de la Société française de Cardiologie, aux ambassadeurs de France en Tunisie, en Algérie et au Maroc en dit long sur le calvaire enduré par les médecins venant de ces pays et désirant se rendre en France dans le cadre de leurs activités professionnelles.

« Il plus facile pour les médecins du Maghreb d’obtenir un visa pour l’Amérique que pour la France »

« Aujourd’hui pour se rendre en France et participer aux congrès médicaux, les médecins en Afrique du Nord doivent s’inscrire sur un site (TLS) pour avoir un RDV, déposer un dossier et avoir un hypothétique visa des semaines plus tard », explique Dr Mohamed Ghannem. « Actuellement le 1er RDV disponible sur ce site est au mois de juillet, soit à une date postérieure à tous les congrès », regrette-t-il.

Pour lui aujourd’hui « il plus facile pour les médecins du Maghreb, et de l’Afrique en général, d’obtenir un visa pour l’Amérique que pour la France ». Pour le président de l’Association Francophone de Cardiologie préventive, cette situation risque de porter préjudice pour la France. « À force de courir derrière les thèses de l’extrême droite, la Francophonie risque d’être vidée de son sens. Dommage pour la France et la Francophonie », ajoute-t-il.