Une Première ministre, 15 ministres et des personnalités du monde des affaires se sont rendus en Algérie pour une visite de 48 heures. Très attendue et très médiatisée, cette rencontre de travail prévoyait haltes symboliques et échanges informels. Réussie sur la forme, certes, mais qu'en est-il du fond ?

Quelles sont les décisions concrètes ? Y a-t-il eu une décision qui a marqué les esprits ? Beaucoup de questions, et des réponses mitigées. Présentée comme un tournant dans les relations entre la France et l'Algérie, cette visite a-t-elle atteint ses objectifs ou la montagne a-t-elle accouché d'une souris ?[1]La montagne a accouché d'une souris, Wiktionnaire

Pour répondre à toutes ces questions, il faut revenir à cette visite de deux jours qui s'est achevée au son de la garde républicaine algérienne au palais d'El Mouradia. La Première ministre a été  reçue une dernière fois avant son départ par Abdelmadjid Tebboune. Une rencontre qui, encore une fois, symbolise le réchauffement des relations entre Alger et Paris. Donc cette visite aura au moins servi à affirmer que tout va pour le mieux entre les deux pays.

CIHN Algérie-France : Des résultats en demi-teinte

Cependant, au-delà de tous les symboles qui ont caractérisé cette visite, les décisions concrètes doivent être cherchées à la loupe. En effet, 12 protocoles ont été signés entre les deux parties, mais les 12 restent tout de même flous. Les deux parties se sont également contentées de certaines déclarations d'intentions sans objectif précis.

Ces résultats en demi-teinte ont été commentés et relativisés  par le Premier ministre algérien Aïmene Benabderrahmane, qui a assuré qu'« il y a des discussions qui se poursuivent dans les domaines où nous n'avons pas encore signé d'accords, des discussions entre ministères pour aboutir à des signatures. Il y aura d'ailleurs des visites de ministres de part et d'autre pour aller vers ces nouveaux horizons ».

Diversification économique de l'Algérie ?

L'Algérie, qui attendait les investisseurs français de pieds fermes pour l'aider à la diversification de son économie, est restée sur sa faim dans ce domaine également. « Bienvenue aux investisseurs français en Algérie », avait lancé Aïmene Benabderrahmane. « L'Algérie est engagée dans une ambitieuse diversification de son économie. Les entreprises françaises sont prêtes à participer à ce mouvement, à contribuer à l'amplifier », déclare Élisabeth Borne. Cependant, aucun engagement concret n'a été pris par ces investisseurs qui restent dans l'expectative.

La question des visas en stand-by

Par ailleurs, un autre sujet brulant a été au centre des discussions[2]Facilités de visas pour la France : Voici les catégories concernées. Il s'agit de la question de la mobilité des personnes. Là encore, Paris n'a pas lâché de leste. Aucune décision d'envergure n'a été prise. La France persiste à conditionner l'octroi de visas supplémentaires à la volonté de l'Algérie de reprendre ses ressortissants arrivés illégalement en France.

En conclusion, cette visite censée redynamiser concrètement les relations algéro-françaises n'a été enfin de compte qu'une prise de contact entre deux gouvernements. Une préparation pour de véritables accords à l'avenir ? Et oui, la montagne a accouché d'une souris. Fidèle à elle-même, la France ne cherche que ses intérêts !