La question vestimentaire continue d'alimenter la chronique en France. Le mardi, 11 octobre 2022, c'est tout le lycée Joliot Curie de Nanterre qui a été bloqué par les élèves qui demandent qu'on les laisse porter les vêtements islamiques de leur choix. Cette action n'a pas manqué de provoquer violences et arrestations.

Dans un communiqué dont la presse a eu une copie, les élèves à l'origine de la mobilisation revendiquent, entre autres, « l'arrêt immédiat des dérives autoritaires de la direction ». Une lycéenne, qui a préféré être anonyme, précise : « La liberté vestimentaire est remise en cause. Une fille qui porte une longue jupe ou robe voit son accès refusé, car c'est assimilé à un vêtement religieux. Même chose pour les robes cintrées ». De manière générale, « il y a un sentiment d'incompréhension et un manque de communication avec la direction », déplore cette élève.

Les élèves ont bien formulé d'autres revendications pédagogiques, à l'instar du « retour de l'aide aux devoirs ». Ce dispositif, mis en place il y a plusieurs années, a été arrêté à la rentrée scolaire par la direction. « Tous les jours, de 16 à 18 heures, des professeurs différents étaient présents pour aider les élèves dans leurs devoirs ou la préparation du bac. N'importe qui pouvait y assister, surtout ceux qui ne peuvent pas travailler chez eux dans de bonnes conditions », explique Valentino Cherasco, porte-parole du mouvement lycéen.

Vêtements islamiques : Le RN appelle à un rassemblement à Paris

Ce blocage n'a pas tardé à tourner à l'affrontement avec les forces de l'ordre. En effet, « quatorze jeunes ont été interpellés », a indiqué la préfecture des Hauts-de-Seine dans un communiqué. Ils ont été placés en garde à vue pour « participation avec arme à un attroupement par une personne dissimulant volontairement son visage afin de ne pas être identifiée ». Un autre jeune a été légèrement blessé par « un jet de projectile ». Deux policiers ont également été blessés en marge des événements, détaille la préfecture des Hauts-de-Seine.

Ces évènements n'ont pas manqué de faire réagir. Dans un communiqué, des membres du personnel du lycée dénoncent une répression policière d'une « violence inouïe ». La Ville de Nanterre, qui « tient à exprimer son inquiétude face au climat de tension », condamne quant à elle « tout acte de violence, et apporte son soutien à l'ensemble de la communauté éducative du lycée ». Le Rassemblement national, lui, n'a retenu que la question vestimentaire sur laquelle les lycéens se sont exprimés. Par la voix de Marion Maréchal, il a appelé à un rassemblement à Paris. « Ils bloquent violemment un lycée à Nanterre pour réclamer l'autorisation de vêtements islamiques. Face à l'offensive islamique à l'école, rejoignez-nous samedi à 10 h 30 pour un rassemblement square Samuel Paty », a tweeté l'ancienne députée française.