Depuis la loi de 2004 sur la laïcité, il est interdit aux élèves des écoles de la République de porter des signes religieux « ostensibles » dans l'enceinte des établissements. Pour de nombreux observateurs, cette loi visait principalement les musulmans de France, particulièrement les femmes, qui n'ont plus le droit de porter des tenues islamiques dans les établissements publics de l'Hexagone.

Malgré cet arsenal juridique, plusieurs musulmans de France, notamment les élèves des lycées, continuent à afficher des signes religieux en portant des tenues musulmanes. Un phénomène qui a pris de l’ampleur ces deux dernières années, comme le montrent les récents documents des services de l’État. En effet, selon une récente note du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), « de plus en plus de jeunes revêtent des signes religieux au sein des établissements scolaires ».

Cette note vise principalement les élèves de confession musulmane. En effet, selon Le Parisien[1]Signes religieux à l’école : « Pour beaucoup d’élèves, laïcité est synonyme de privation de liberté », Le Parisien, qui a consulté cette note du CIPDR datée du 16 septembre 2022, « des prosélytes islamistes encourageraient les jeunes à revêtir des tenues religieuses et à prier dans les établissements scolaires ». Selon le CIPDR, le port du qamis par les garçons et de l'abaya par les filles est « de plus en plus courant » dans les écoles.

Le port de l'abaya et du qamis prend de l'ampleur dans les écoles

« Les discours islamistes partagés sur les réseaux sociaux favoriseraient la multiplication du port de ces tenues traditionnelles chez les jeunes », précise la même source. De son côté, le ministre de l’Éducation nationale a relevé une hausse du port de tenues religieuses à l'école au premier trimestre 2022. Les abayas, portées par les jeunes filles, représentaient 22 % des signalements, selon le ministère.

Sur les réseaux sociaux, il est appelé à porter certains vêtements religieux : qamis, un vêtement long porté par les hommes, abayas, des robes longues et amples cachant les chevilles, et le burkini pour la pratique de la natation, selon la même note. Cette note cite également « l’incitation à la prière dans l’école ». Sur les réseaux sociaux, des appels sont « lancés aux élèves de quitter les cours à la recherche de toilettes ou de salles vides ou même l’établissement à l’heure de la prière », selon la même note.

« Ces discours peuvent masquer une volonté de contournement de la loi sur le port de signes religieux à l’école », est-il indiqué dans cette note. Face à l’ampleur du port des tenues religieuses à l’école, un courrier a été adressé aux recteurs de France pour les appeler à faire respecter la loi de 2004 sur la laïcité. « Les chefs d’établissements scolaires doivent interdire le port de signes ou de tenues ostensiblement religieuses ou port de tenues ou d’accessoires qui ne sont pas par nature à caractère religieux, mais qui le deviennent par le fait de la volonté de l’élève », précise la note du CIPDR.