Qui n'a pas un jour entendu ou lu sur l'affaire du jardinier marocain Omar Raddad, accusé et condamné pour le meurtre de Ghislaine Marchal, son employeur, en 1991. Cette affaire a marqué les esprits. Elle a été traité sur tous les angles par les médias. Plusieurs incohérences ont été signalées. « Omar m'a tuer » est devenu le symbole du bâclage de la justice française. Cette phrase à elle seule a été tournée dans tous les sens. Elle est censée avoir été écrite par le jardinier alors que les expertises mettent en doute cette version.

Le jeudi 13 octobre 2022, cette affaire revient sur les devants de la scène. En effet, la commission d'instruction a rejeté la demande de révision du procès de l'ancien jardinier franco-marocain condamné en 1994 à 18 ans de réclusion pour le meurtre de Ghislaine Marchal. C'est la 2e requête en révision de l'ex-jardinier marocain Omar Raddad à se faire rejeter.

Gracié en 1996 par le président Jack Chirac, Omar Raddad se bat toujours pour être innocenté. L'avocate d'Omar Raddad, maître Sylvie Noachovitch, affirme à France TV Info[1]Affaire Omar Raddad : la Cour de révision rejette la deuxième requête en révision qu'elle saisira prochainement la Cour européenne des droits de l'Homme. « Je ne lâcherai jamais Omar Raddad, c'est une des plus grandes erreurs judiciaires du XXIe siècle », a-t-elle déclaré à l'issue de la décision rendue à huis clos. « La commission considère que les ADN ne peuvent pas être datés, au motif qu'ils ont peut-être été pollués. Nous sommes scandalisés par cette décision qui ne respecte pas la loi de 2014 qui permet la révision en cas de simple doute ! » Cette avocate affirme que son client ne s'est jamais véritablement remis cette affaire et vit reclus dans son appartement de Toulon.

L'étude de l'ADN aurait-elle pu innocenter Omar Raddad ?

De son côté, la famille de Ghislaine Marchal indique dans un communiqué qu'elle « souhaite que cette décision mette un terme définitif à une affaire douloureusement vécue ». « La famille regrette que cette affaire fasse l'objet depuis 30 ans d'une agitation médiatique, attisée par certains en recherche de notoriété », peut-on lire dans ce communiqué.

Il faut rappeler qu'au mois de septembre, l'avocate du Marocain Omar Raddad avait demandé un supplément d'information pour l'expertise des quatre ADN masculins retrouvés sur des scellés de la scène de crime en 2015, et qui, selon elle, « démontrent avec évidence qu'Omar Raddad est innocent ». En réaction à cette demande, l'avocat général s'était prononcé favorablement à une étude de faisabilité de ces expertises et la partie civile ne s'y était pas opposée.

Il faut dire aussi que cette  demande de révision s'appuyait en partie sur les progrès de la science dont les avancées permettent maintenant, ce qui n'était pas possible lors du premier procès, d'examiner quatre ADN inconnus, dont un est présent plus de 35 fois sur la scène de crime – ainsi que sur les conclusions d'une enquête parallèle menée par des gendarmes qui mettent en cause deux autres suspects, aujourd'hui décédés.