Depuis la dégradation des relations algéro-espagnoles en raison du changement de position du Royaume ibérique par rapport à la question du Sahara occidental, les échanges économiques entre les deux pays ont été fortement impactés. En effet, le commerce est au point mort et – plus grave pour l'Espagne – cette crise a fait grimper les prix du gaz importé d'Algérie.

Cette nouvelle position de l'Espagne ne fait pas l'unanimité dans le Royaume. Des acteurs politiques et des observateurs affirment que ce changement coûte très cher. Ce jeudi 20 octobre, le journal espagnol Libre Mercado a rappelé que la décision du président du gouvernement Pedro Sánchez de « donner le Sahara au Maroc » a fait exploser les traités d'amitié qui unissaient les deux pays[1]El regalo del Sáhara a Marruecos por Sánchez le cuesta a los españoles pagar el doble de lo que costaba el gas argelino, Libre Mercado.

Pour ce journal, les résultats de cette volte-face sont palpables et concrets. Ils sont désormais visibles sur la facture de gaz et d'électricité (le gaz sert aussi à produire de l'électricité dans les centrales à cycle combiné) payée par l'ensemble des ménages et des entreprises. En effet, l'Algérie maintient fermé l'un des deux gazoducs qui la reliaient à l'Espagne. Le second gazoduc a réduit le volume de gaz exporté vers l'Espagne et le nombre de méthaniers arrivant sur les côtes espagnoles chargés de gaz algérien a été drastiquement réduit.

Réduction des quantités et augmentation des prix

Le journal espagnol signale également que l'annulation des traités d'amitiés a conduit au changement du système de tarification. Il explique que le gaz est acheté à 90,62 €/MWh. Il affirme de manière catégorique que la politique étrangère de Sánchez a coûté très chèr aux familles et aux entreprises. Ces derniers doivent payer deux fois plus pour le même gaz au pire moment imaginable.

Libre Mercado rappelle que par le passé, l'Espagne était parvenue, grâce à une habile politique étrangère, à une bonne entente avec l'Algérie. Les traités d'amitié entre les deux pays ont permis une négociation bilatérale du prix du gaz naturel et un flux de près de la moitié de tous les besoins en gaz de l'Espagne a été garanti par deux gazoducs. Maintenant, ces traités sont tombés à l'eau. Le gaz est plus cher et l'Espagne paye son alignement politique avec le Maroc.