Les malheurs des uns font le bonheur des autres. Ce dicton est valable pour les migrants marocains dans les Pays-Bas. En effet, le réchauffement des relations entre ce pays et le Maroc fait le bonheur du roi et le malheur de ses sujets qui ont immigré clandestinement aux Pays-Bas. Ainsi, ces exilés marocains peuvent désormais être expulsés.

C'est en tout cas ce qu'affirme la presse néerlandaise, qui a indiqué qu'une centaine de personnes, notamment des migrants déboutés du droit d'asile, seraient déjà concernées par ces procédures d'expulsion. Les journaux du pays affirment que les autorités marocaines ont donné leur aval pour cette opération, fruit du réchauffement des relations entre les deux pays, expliquent ces médias.

Le secrétaire d'État néerlandais à la Justice et à la Sécurité, chargé de l'Asile et des Migrations, a d'ailleurs confirmé cette information à un autre journal. Il a assuré que « les relations entre les Pays-Bas et le Maroc se sont considérablement améliorées récemment, y compris dans le domaine du retour ».

Le journal NRC, qui se base sur de documents émanant des autorités néerlandaises, révèle que d'après une note interne du gouvernement néerlandais envoyée par email au personnel du ministère de la Justice, les Pays-Bas « peuvent recommencer à arrêter des étrangers marocains pour préparer leur expulsion forcée ». Cette note affirme que le Maroc, de son côté, a accepté le retour de ses ressortissants, après des « pourparlers constructifs ».

Dans un premier temps, cette opération concerne une centaine de Marocains. Ces immigrés clandestins seraient déjà identifiés en vue d’une expulsion vers le Royaume. Il s'agit notamment de migrants dont la demande d’asile a été refusée. « Les premiers documents de voyage ont déjà été délivrés », précise NRC. Il faut dire que les Marocains désireux d'obtenir un statut de réfugié aux Pays-Bas sont souvent déboutés. Déjà en 2019, l'ancien secrétaire d'État Broekers-Knol avait déclaré que « les Marocains qui demandent l'asile […] ont peu de chances d'obtenir un titre de séjour, car le Maroc est considéré comme un pays sûr ».

Ainsi, les deux pays tournent la page des désaccords nés à la suite du Hirak marocain en 2018 (Mouvement populaire du Rif). Une révolte populaire soutenue indirectement pas les Pays-Bas en dénonçant sa gestion par le Royaume chérifien. En effet, de nombreux manifestants, dont des journalistes et des militants avaient été arrêtés. Le visage de la contestation, Nasser Zefzafi, avait alors été condamné à 20 ans de prison. Cependant, depuis 2021, les relations entre les deux pays se sont nettement améliorées. Le Maroc et les Pays-Bas ont signé « un plan d’action » dans lequel Rabat s’engage à reprendre ses ressortissants. En échange, Amsterdam accepte, entre autres, d’aider le Royaume chérifien à lutter contre la sécheresse.