L'assassinat de Lola le 14 octobre 2022 est malencontreusement associé à l'immigration. Et la raison est toute simple : Dahbia B., la présumée coupable, une Algérienne, était en situation irrégulière sur le territoire français. Le pire ? Elle était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette seule donnée semble mettre tous les étrangers en situation irrégulière sur le territoire français dans le même sac.

Les expulsions d'Algériens multipliées par 20 en 2022

En effet, l'exécution de l'OQTF, depuis cet assassinat, est devenue l'un des sujets les plus débattus sur les plateaux TV en France. C'est dire qu'une pression réelle est exercée sur le gouvernement, qu'on accuse de laxisme, non seulement vis-à-vis des sans-papiers, mais aussi en tout ce qui est immigration. Et face à cette pression, le porte-parole du gouvernement français a réitéré l'une des promesses de l'État français datant de 2019 : exécuter l'intégralité des OQTF. « Mon objectif, c'est de sortir tous les gens qui n'ont rien à faire là », déclarait, en effet, Emmanuel Macron à Valeurs actuelles.

Olivier Véran, dans la perspective d'apaiser les esprits, a rappelé que l'objectif d'exécuter 100 % des OQTF est toujours maintenu. « Nous voulons vraiment atteindre cet objectif total », a-t-il affirmé au micro du Grand Rendez-vous organisé par CNews-Europe1-Les Échos. « On a fait du fois vingt cette année par rapport à l'année dernière sur les expulsions d'Algériens », a expliqué Olivier Véran, qui a aussi insisté sur le fait que le taux d'exécution des OQTF « est remonté très nettement cette année ». C'est juste, a-t-il soutenu, qu'il n'est plus officiellement communiqué par les autorités depuis 2021.

Exécution des OQTF : l'obstacle des laissez-passer consulaires

À la question de savoir ce qui rend les OQTF tellement difficiles à exécuter qu'elles sont érigées au rang du débat national, le porte-parole du gouvernement français répond : « le blocage ne vient pas de notre capacité à expulser des gens qui n'ont plus leur place sur le territoire national. Le blocage vient de la capacité de faire accepter, par les pays destinataires, les personnes qui relèvent de leur nationalité ». Pour Olivier Véran, les difficultés concernent donc « les laissez-passer consulaires ». L'ancien ministre français de la Santé a assuré que le gouvernement travaille « diplomatiquement d'arrache-pied avec tous les pays » concernés pour remplir son objectif, citant notamment des échanges avec l'Algérie[1]Restriction des visas pour la France : Le problème bientôt réglé ? ou encore le Maroc[2]Maroc-France : les relations diplomatiques s'enlisent sur fond de désaccords.

Il faut rappeler que les OQTF ont été à l'origine d'un différend de taille entre la France et les pays nord-africains : l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Le refus de ces pays de délivrer les laissez-passer consulaires sans lesquels les expulsions ne peuvent pas se faire a fait prendre à la France une décision jugée radicale : une réduction drastique de nombre de visas accordés aux ressortissants de ces pays. C'est dire que les OQTF ne sont qu'une partie d'un ensemble beaucoup plus complexe : nombre de visas accordés, relations diplomatiques, concessions économiques…