La décision de la France de réduire le nombre de visas accordés aux Algériens revient toujours au-devant de l'actualité. La dernière visite à Alger de la Première ministre française Élisabeth Borne a été très attendue sur cette question. Nombreux sont les Algériens qui souhaitent, en effet, voir la France revenir vite sur sa décision concernant la restriction des visas.

Entre la France et l’Algérie, le dossier des visas reste le sujet qui alimente souvent le débat. À chaque visite d’un responsable français en Algérie, le sujet revient au-devant de la scène. La décision prise l’automne dernier, par les autorités françaises, de réduire de 50 % le nombre de visas accordés aux Algériens a été très mal accueillie par les autorités algériennes et au sein de la société.

La France, qui avait justifié sa décision par son souci de pousser les autorités algériennes à collaborer dans le dossier de la reconduite des sans-papiers algériens visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), semble depuis revenir à de meilleurs sentiments. La visite en août dernier à Alger du président Emmanuel Macron, suivie par celle de sa Première ministre, les 9 et 10 octobre, ont été une occasion pour évoquer ce sujet brulant avec leurs homologues algériens.

La question des visas au menu de la visite d'Élisabeth Borne en Algérie

Si le président Emmanuel Macron avait parlé de la question des visas d’une manière générale, en insistant surtout sur « une mobilité choisie », sa Première ministre a, elle, affirmé, lors de la conférence de presse conjointe avec le Premier ministre algérien Aïmene Benabderrahmane, que certaines catégories d’Algériens seront favorisées pour l'obtention des visas. Elle a notamment cité les étudiants, les scientifiques, les artistes et les opérateurs du milieu économique.

De son côté, le Premier ministre algérien avait plaidé, à l’ouverture des travaux la 5e session du Comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français, pour la généralisation de l’octroi des visas à certaines catégories pour « faciliter le contact entre les familles ». Aïmene Benabderrahmane a affirmé que « le partenariat d’exception auquel nous aspirons ne doit pas buter sur des difficultés faciles à dépasser, comme la question de la délivrance des visas ».

« Le problème des visas sera réglé dans les prochaines semaines », affirme Élisabeth Borne

Avant de quitter Alger, la Première ministre française s’est à nouveau exprimée sur la question des visas. Dans un entretien accordé à RFI[1]Élisabeth Borne sur RFI: avec Alger, «les relations doivent être en continu», RFI, Élisabeth Borne a affirmé que sa visite à Alger a permis de « lever un certain nombre de malentendus » entre la France et l’Algérie. Questionnée sur le dossier de la délivrance des visas, la Première ministre française a répondu que cette question est traitée entre le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin et son homologue algérien Brahim Merad.

« Je pense que les échanges qui ont pu intervenir entre Gérald Darmanin et son homologue, qui vient d'être nommé (Brahim Merad, NDLR) ont été très utiles. Je pense qu'on se comprend bien, qu'on a pu partager nos attentes réciproques, et je n'ai pas de doute que c'est quelque chose qui va pouvoir se régler maintenant rapidement », affirme-t-elle. Le problème des visas sera-t-il réglé dans les prochaines semaines ? Dans les prochains mois ? « Je pense que dans les prochaines semaines certainement », répond la Première ministre française.