Les relations diplomatiques entre le Maroc et la France s'enlisent sur fond de désaccords. Cette crise silencieuse ne fait que prendre de l'ampleur, malgré la bonne volonté de certains responsables, notamment du côté français. En effet, ces dernières années, la France et le Maroc passent par des crises successives. Le scandale d'espionnage avec le logiciel Pegasus à peine dépassé, la question de visas est venue en rajouter une couche. C'est ce qui est dit d'une façon officielle, du moins. Officieusement, la position de la France par rapport à la question du Sahara occidental représente un désaccord de fond entre les deux pays.

En effet, le Royaume chérifien reproche à la France de ne pas d'aligner plus directement sur sa solution concernant la question du Sahara occidental. D'ailleurs, Mohammed VI l'a insinué dans un discours au mois d'août dernier.

Ainsi, entre la France et le Maroc, rien ne va. Les actes hostiles se multiplient. Après la désignation de l'ambassadrice française au Maroc pour d'autres fonctions, le Royaume chérifien fait de même. Il a assigné une autre fonction à son ambassadeur en France. Il s'agit là d'un rappel déguisé d'ambassadeurs.

Un autre élément confirme cette crise souterraine. Le président français avait annoncé une visite au Maroc juste après celle effectuée en Algérie[1]Après l'Algérie, Emmanuel Macron se rendra au Maroc. Il a affirmé qu'il se rendra au royaume à la fin du mois d'octobre. Cependant, cette visite n'a été annoncée nulle part. Elle n'aura certainement pas lieu.

Le Maroc a peur d'un changement de position de la France par rapport au Sahara occidental

La France, qui tente de désamorcer cette crise, se retrouve impuissante devant les exigences marocaines. Parti en éclaireur pour une visite de deux jours du 18 au 20 octobre, Olivier Becht ministre délégué auprès de la ministre de l'Europe et des Affaires étrangères chargée du Commerce extérieur, de l'Attractivité et des Français de l'étranger n'a à l'évidence par réussi à « réconcilier la République et le Royaume chérifien ».

Le ministre s'est retrouvé piégé dans une situation plus compliquée que les échanges commerciaux entre les deux pays. Pourtant, ce ministre était porteur de bonnes nouvelles avec le renforcement des investissements industriels au Maroc. La France est déjà le premier investisseur étranger au Maroc. En 2021, les échanges commerciaux de la France avec le Maroc se sont élevés à 10,7 milliards d'euros. À Rabat, le ministre a mené des discussions avec plusieurs ministres. Des discussions en relation avec les investissements.

Cependant, la crise entre les deux pays concerne surtout des questions politiques. Au-delà de la question des visas que la France a réduis de moitié pour les Marocains. Une question que le ministre venu en éclaireur au Maroc n'a pas réussi à solutionner. Le Maroc a décidé de montrer son mécontentement par rapport à de nombreux actes posés dernièrement par Paris et qui semblent porter à confusion sur sa position concernant le Sahara occidental.

Le Royaume chérifien est persuadé que Paris s'est allié avec Alger. Pour le roi Mohammed VI, la position de ses alliés sur la question ne devrait souffrir d'aucune ambiguïté ; la création d'une section La République en Marche (le parti d'Emmanuel Macron rebaptisé depuis Renaissance) par des expatriés pour le Sahara occidental a été particulièrement mal prise. Le Maroc a donc peur d'un revirement de position dans ce dossier après le rapprochement entre l'Algérie et la France. Pour de nombreux observateurs, le Royaume est sacrifié en faveur de l'Algérie.