Les relations entre la France et le Maroc traversent une période de froid. Depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, ces relations ne font que reculer. Pendant le premier mandat de ce président, l'affaire d'espionnage avec le logiciel Pegasus a compliqué davantage ces relations. Pour y remédier, Emmanuel Macron a annoncé une visite au royaume à la fin de ce mois. Une visite qui n'a cependant pas été programmée officiellement, alors que le mois arrive à sa fin. Ce qui confirme que le froid qui caractérise ces relations n'est pas prêt à se dissiper.

Devant cette situation, les « amis » du Maroc en France se sont activés. En effet, le lobby marocain passe à l'offensive. Il s'est à mainte fois exprimé à travers des plumes médiatiques, mais aussi par des déclarations d'acteurs politiques de premier plan en France. À la mi-septembre, Laurent Gayard apporte son soutient au Maroc, en signant une tribune dans laquelle il avait appelé Emmanuel Macron à ne pas sacrifier Rabat pour Alger. Cet enseignant et chroniqueur à la Revue des Deux Mondes, à la Revue Phébé, au Magazine Causeur et à la Revue Conflits, avait commencé par la récente visite d'Emmanuel Macron en Algérie qu'il n'a pas manqué de critiquer. « Depuis le début de son premier mandat, Emmanuel Macron a fait de la réconciliation franco-algérienne une affaire personnelle. Mais ce faisant et pour beaucoup d'observateurs, le président français s'est laissé enfermer dans le piège mémoriel et dans la rhétorique du ressentiment, devenu l'axe essentiel de la politique étrangère algérienne quand elle touche à la France. Au point de dangereusement négliger d'autres, possibles, et plus fructueuses, alliances dans la région », en faisant illusion au royaume chérifien.

Maroc-France : François Hollande s'en mêle

L'ancien président français François Hollande s'est également joint à ceux qui plaident pour une « réconciliation franco-marocaine ». En visite au Maroc, François Hollande a appelé les autorités marocaines et françaises à tourner cette page faite de « malentendus » et d’incompréhensions, et à voir au-delà de ces tensions, les intérêts des deux pays. « Je suis là aussi pour le Maroc, au Maroc, pour dire combien nous avons besoin d’une relation qui soit engageante et inspirante pour l’ensemble des pays du Maghreb et d’Afrique. Je regrette quand il y a des moments comme nous les connaissons aujourd’hui, où il y a des malentendus et peut-être des décisions qui n’ont pas été comprises. Même si je n’ai plus de responsabilité aujourd’hui au nom de la France, je souhaite pour la France et le Maroc que ces relations reprennent leur cours », a déclaré l’ancien président français.

De son côté, le ministre français chargé du Commerce extérieur Olivier Becht a appelé mardi à « dépasser les tensions » entre la France et le Maroc. En visite officielle dans le royaume, le ministre a déclaré : « nous avons traversé une période de tensions ces dernières années. Il faut écrire une nouvelle page » et ajoutant qu'« Il faut dépasser ces tensions pour construire des projets communs ».

Il faut dire qu'officiellement ces tensions sont dues à la décision de Paris en septembre 2021 de diviser par deux l’octroi de visas au Maroc et à l’Algérie, arguant de la réticence de ces pays à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière dans l’Hexagone. Une décision qui a scandalisé les Marocains. Cependant, la position jugée trop attentiste de Paris sur la question du Sahara occidental ainsi que le renforcement des relations entre Paris et Alger sont, selon les observateurs, les véritables raisons de cette crise diplomatique en catimini.