Fidèle à son jeu d'équilibriste entre Alger et Rabat, la France ne compte pas sacrifier l'un aux dépens de l'autre. En effet, après sa visite en Algérie, Emmanuel Macron va se rendre au Maroc. C'est ce qu'a révélé le président lui-même en marge d’un festival le 27 août.

Ainsi, le président français s'est retrouvé devant des Marocains présents au festival du Touquet Music Beach, qui lui ont demandé comment s’est passé son voyage en Algérie ; question à laquelle Emmanuel Macron a répondu « formidable » et que l'Algérie était « magnifique ». Ces ressortissants marocains lui ont tendu la perche pour savoir s’il avait l’intention de se rendre au Maroc. Emmanuel Macron a alors annoncé une prochaine visite au Royaume chérifien, déclarant : « J’irais au Maroc fin octobre ».

Ainsi, pour apaiser les relations avec Rabat, Emmanuel Macron compte agir comme il l'a fait avec Alger. Il se rendra au Maroc dans un contexte où les relations avec les deux pays sont tendues. Les deux pays sont en froid pour plusieurs raisons. Il s'agit de la question des visas – réduits de 50 % pour les Marocains, comme pour les Algériens –, mais surtout en raison du silence de la France concernant la question du Sahara occidental. D'ailleurs, le roi Mohammed VI du Maroc a égratigné la France dans son dernier discours.

En effet, le roi du Maroc a exprimé son mécontentement quant aux positions de certains pays, dont la France. Mohammed VI a tenu à leur adresser un « message clair », précisant que « le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international. C’est aussi clairement et simplement l’aune qui mesure la sincérité des amitiés et l’efficacité des partenariats qu’il établit ».

Mohammed VI a demandé aux « partenaires traditionnels ou nouveaux, dont les positions sur l’affaire du Sahara occidental sont ambiguës qu’ils clarifient et revoient le fond de leur positionnement, d’une manière qui ne prête à aucune équivoque ». Dans ce discours, le roi s'est donc adressé implicitement à Paris, classée dans la catégorie des « partenaires traditionnels » de Rabat. Pour le roi marocain, la France traîne encore le pas pour annoncer officiellement son appui au plan d’autonomie proposé par le Maroc comme la base du règlement de la question du Sahara occidental.

La France veut ainsi réchauffer ses relations avec le Maroc après avoir réussi à briser la glace avec l'Algérie. Elle revient donc à son exercice d'équilibriste entre deux pays en conflit. Reste à savoir si le président français va répondre aux « injonctions » de Mohammed VI de s'exprimer clairement sur la question du Sahara occidental.