Au centre des relations Nord-Sud, l'immigration est devenue l’un des enjeux majeurs du XXIe siècle. Et chacun, selon ses sensibilités et à la suite de la consommation d’une pléthore d’informations circulant sur le sujet, s’en est fait une idée plus ou moins claire. Les Belges, dont le pays est moins exposé au phénomène comparativement à d’autres pays européens, ne semblent pas trop disposés à en faire une terre d’accueil.

C’est du moins ce qui ressort d'une étude intitulée « À la recherche d'un consensus social sur la migration » réalisée par Randstad Research auprès de plus de 3000 répondants. Randstad Research a conclu que « le jugement que les Belges portent sur l'immigration est plutôt négatif ». Néanmoins, précise ce cabinet spécialisé dans le recrutement de cadres, middle managers et experts, « les femmes, les diplômés du supérieur, les jeunes et les francophones sont globalement plus positifs ou moins négatifs à l'égard de la migration ».

Belgique et immigration : si c’est pour le travail, ça passe

Randstad Research ajoute que « ceux qui portent un regard plus pessimiste sur le monde, et n'entrevoient pas d'évolution positive dans leur avenir ni celui de la société, considèrent la migration d'un œil plus négatif ». Et ils ne sont pas quantité négligeable : « 60% des personnes interrogées estiment que les migrants coûtent plus qu'ils ne rapportent », écrit Randstad Research.

« En revanche, lorsque la migration est motivée par le travail, elle suscite une opinion nettement plus positive. Si les migrants occupent un emploi et font dès lors moins appel à la sécurité sociale ou à l'aide sociale, les ressentiments et inquiétudes s'estompent fortement. La migration pour répondre aux pénuries sur le marché du travail est ainsi approuvée par 60 % des répondants et à peine 12 % n'y sont pas favorables », lit-on encore dans l’étude.

Les Belges veulent une approche plus sévère de la migration illégale

L’étude a en outre montré qu’« à peine 16 % des personnes interrogées rejettent la migration pour cause de regroupement familial ». Mais d'aucuns estiment que le regroupement familial devrait être soumis à des conditions : parcours d'intégration obligatoire, meilleure connaissance de la langue, avoir travaillé au moins quatre ans… Enfin, 51 % des personnes interrogées partagent l'opinion selon laquelle toute personne qui demande l'asile en Belgique et y a droit doit pouvoir rester dans le pays et être protégée. Ceux qui ne sont pas de cet avis ne représentent que 17 % des répondants, « ce qui dénote un consensus encore relativement solide », observe le cabinet spécialisé dans le recrutement. Aussi, ressort-il de l'enquête, il existerait en Belgique « un large consensus en faveur d'une approche plus sévère de la migration illégale ».