En ce qui est de la gestion de l’immigration irrégulière qui pèse lourdement sur l’Europe, chacun y va de son imagination. En effet, les propositions dans les quatre coins du continent ne cessent de se multiplier. En France, Les Républicains (LR), eux, veulent traiter le problème à la source, soit sur le territoire même des pays pourvoyeurs de migrants.

Les députés LR souhaitent donner plusieurs tours de vis à la lutte contre l’immigration irrégulière, et les propositions qu’ils s’apprêtent à faire sont pour le moins curieuses. Il s’agit, en premier, de la création en Afrique du Nord de centres fermés d’enregistrement des migrants. Olivier Marleix, le patron des députés LR, lors d’un point presse, a même annoncé le dépôt prochain à l’Assemblée d’une proposition de résolution allant dans ce sens. En plus clair, il sera question de traiter les demandes d’asile sur les territoires des pays nord-africains. Les députés LR ont, en effet, plaidé pour que ces camps fermés soient localisés en « Méditerranée centrale, sur les pays du Maghreb – Maroc, Algérie, Tunisie – où Frontex pourrait faire en sorte de traiter les demandes ».

« Les migrants recueillis ne seraient pas débarqués sur le territoire européen, mais sur les territoires de ces trois pays qui sont les plus proches », a expliqué, pour sa part, le député du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont. Le projet de résolution demande aussi « d’identifier les ports sûrs pour le débarquement des migrants, et que la traite d’êtres humains soit qualifiée de crimes contre l’humanité », ajoute le même député.

Frontex, la seule habilitée à secourir les migrants en mer

L’autre souhait des députés LR est que l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex « ait la compétence exclusive pour porter assistance aux naufragés en Méditerranée ». « Cette résolution demande à l’UE de continuer à créer des hotspots pour enregistrer les demandes d’asile, gérés un peu sur le modèle des îles grecques », a ajouté Henri Dumont.

À l’origine de ces propositions, faut-il le noter, figure l’accueil par la France du navire humanitaire Ocean Viking qui, selon Olivier Marleix, a créé « un terrible précédent ». Pour ce député, il est temps de « soutenir et de rejoindre l’initiative des pays du Sud (Italie, Grèce, Malte et Chypre) qui ont dénoncé samedi le système de gestion des flux de migrants dans l’UE ».

Reste à savoir si les pays nord-africains (Algérie, Maroc et Tunisie) vont accepter que des centres fermés de traitement des demandes s’asile soient créés sur leurs sols. À prendre en considération les relations de ces pays avec la France, en particulier, et l’Europe, en général, il est très peu probable que ce soit le cas.