Le drame de Melilla continue d'alimenter la chronique. Le dossier est toujours ouvert pour déterminer les responsabilités. Ce drame, qui a secoué la frontière entre l'Espagne et le Maroc, connait, en effet, un nouveau rebondissement. Des enregistrements vidéo de cet assaut, envoyés par le ministre de l’Intérieur au Congrès, montrent que les agents marocains ont pourchassé des migrants de l’autre côté de la frontière, sur le territoire espagnol.

Ainsi ce sinistre incident, qui a couté la vie à 24 migrants, continue d'alimenter les débats en Espagne. Le congrès espagnol ne veut pas lâcher cette affaire. Selon la presse espagnole, les membres de la Commission de l’intérieur au Congrès ont pu voir « très clairement » comment des agents marocains ont traversé la frontière à Melilla le 24 juin, et procédé à des retours à chaud des migrants sur le territoire espagnol. Il s'agit de plus de 6 heures et demie d'images qui ont été visionnées.

Ces images apportent donc de nouveaux éclaircissements sur le drame de Melilla. Elles démontrent que la version du ministre de l’Intérieur, Fernando Grande Marlaska, sur ce drame est erronée. Ce ministre devra donc s'expliquer à nouveau devant le parlement le 30 novembre pour détailler ces événements. Le ministre avait auparavant assuré qu'aucun agent marocain n’est entré sur le territoire espagnol. Or que les images disent le contraire, étant donné que  63 enregistrements réalisés par un drone montrent une dizaine d’agents marocains franchir la clôture. Ces agents, aidés par la Garde civile espagnole, ont procédé à des retours à chaud des migrants au Maroc.

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Drame de Melilla : Le ministre espagnol de l'Intérieur a menti

Le côté marocain est également mis en cause dans ce drame. Les images montrent la passivité des agents marocains pendant plus d’une demi-heure, jusqu’au moment où les migrants sont parvenus à faire sauter la porte avec des maillets. Les membres de la Commission de l’intérieur au Congrès découvrent aussi que la « quasi-totalité » des migrants est morte du côté espagnol de la frontière. Ce constat remet en cause une autre affirmation du ministre de l'intérieur espagnol. « Aucun événement tragique ne s’est produit sur le territoire espagnol », avait-il déclaré. Ces nouvelles données ouvrent la voie pour ce dossier. En effet, la preuve que des migrants sont morts sur le territoire espagnol donnerait au système judiciaire espagnol le pouvoir d’enquêter sur ce drame.