Les autorités françaises ont décidé d’accélérer les mesures d’expulsions des sans-papiers visés par une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Des mesures qui n’épargnent aucune catégorie de sans-papiers, y compris ceux qui sont arrivés très jeunes en France et qui ont réussi à s’intégrer dans la société. C’est le cas de Mohamed, parti d’Algérie à 13 ans et qui se retrouve aujourd’hui menacé d’expulsion.

Dans un contexte marqué par un débat sans précédent sur la question de l’immigration, suite notamment à l’affaire Lola, les autorités françaises, sous l’impulsion du ministre d’Intérieur Gérald Darmanin, ont décidé de donner un coup d’accélérateur aux expulsions des sans-papiers visés par une OQTF. Une situation qui fait que de nombreux Algériens en situation irrégulière en France sont aujourd’hui menacés d’expulsion.

Parmi ces Algériens figure Mohamed Y., dont le cas a été rapporté samedi 26 novembre par le site Actu.fr. Âgé de 20 ans, Mohamad est parti d’Algérie alors qu’il avait 13 ans. Sa mère ne pouvant plus s’occuper de lui, car elle était très malade. Il a rejoint en France sa tante, mariée à un Franco-Algérien. Ne parlant aucun mot de français, Mohamed a réussi au bout d’un an et demi à décrocher son brevet des collèges. En 2021 il obtient un CAP électricien, puis un baccalauréat MELEC (Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés) en 2022.

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Un parrainage républicain pour éviter l'expulsion vers l'Algérie à Mohamed

Aujourd’hui, le jeune algérien prépare un BTS électrotechnique au lycée Pablo Neruda de Dieppe (Seine-Maritime). Malgré ce pedigree qui ferait rêver tout jeune de son âge, Mohamed est aujourd’hui sous la menace d’une expulsion de France. Faute de démarches administratives nécessaires de la part de son oncle, Mohamed se retrouve sans titre de séjour. En mars dernier, il s’est donc vu notifier une OQTF. Depuis, Mohamed vit sous la hantise d’une expulsion vers l’Algérie.

La situation de Mohamed a suscité une grande mobilisation à Dieppe. En plus de l’association RESF (Réseau éducation sans frontière) qui milite pour régulariser les situations de personnes voulant rester sur le territoire français, un de ses professeurs au lycée Neruda a décidé de le parrainer. La cérémonie de parrainage républicain s’est déroulée samedi 26 novembre l’hôtel de ville de Dieppe (Seine-Maritime), au bénéfice de Mohamed Y. et Tatia T., une ressortissante géorgienne de 20 ans, elle aussi visée par une OQTF.

Le parrainage républicain est l'engagement moral des parrain(s) et marraine(s) d'accompagner l'enfant dans les différentes étapes de sa vie et de suppléer les parents en cas de malheur familial, selon les explications fournies par la mairie de Perpignan sur son site. Légalement, le parrainage républicain n'a aucune valeur juridique. L'engagement des parrain(s) et marraine(s) reste symbolique. Il s'agit néanmoins d'un engagement moral, prononcé devant le maire, selon la même source.