Déposé pour la première fois en 2016, le dossier de la musique raï algérienne est examiné à l'Organisation des Nations unies pour l'Éducation, les Sciences et la Culture (UNESCO), en prévision de son éventuel classement sur la liste du patrimoine immatériel de l'humanité.  En effet, cette organisation se penche depuis le 28 novembre à Rabat sur plusieurs dossiers des candidats à l'inscription au patrimoine immatériel de l'humanité.

Le raï algérien et la harissa tunisienne font partie de ces dossiers examinés. Le Comité du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO examinera donc 56 demandes d'inscription, dont quatre nécessitant une sauvegarde urgente, comme l'art de la poterie au peuple Cham au Vietnam, a précisé l'organisation. Les membres de cette commission se retrouvent pour la première fois en présentiel après deux sessions annuelles successives (2020 et 2021) tenues en ligne. Les résultats seront publiés sur les comptes Twitter de l'UNESCO à partir du mardi 29 novembre, durant l'après-midi.

Parmi les dossiers qui seront examinés ; le chant populaire raï en Algérie ou encore le savoir-faire et les pratiques culinaires autour de la harissa, le condiment traditionnel tunisien. Pour le dossier du raï algérien, il ne sera pas intégré sur la liste comme musique, mais en tant que tradition entourant ce genre musical. « C'est du patrimoine vivant. La grande différence entre cette liste du patrimoine immatériel et la liste du patrimoine (matériel) mondial, c’est qu’ici ce sont des communautés qui sont représentées et qui sont les protagonistes de cette sauvegarde », a expliqué Ernesto Ottone, sous-directeur général pour la culture de l'UNESCO.

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Il faut dire que ce patrimoine culturel a fait l'objet de plusieurs polémiques étant donné que le Maroc revendique la paternité sur cette musique, pourtant connue pour ses origines algériennes. Une musique qui est également portée vers l'universalisme par des chanteurs algériens très connus tels que Khaled et Cheb Mami, respectivement roi et prince du raï comme aiment les qualifier les Algériens.

Il faut rappeler que la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a été adoptée en octobre 2003 et ratifiée par 180 pays. Cette convention promeut la sauvegarde des connaissances et savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel. Cet outil de la diplomatie culturelle récompense également des « pratiques culturelles transmises de génération en génération, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs ou encore les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers », souligne l'UNESCO.