Dans le cadre de l’apaisement annoncé par les deux présidents algérien et français, la commune du Val-d'Oise a baptisé l’une de ses rues du nom d’Ali Boumendjel, le célèbre avocat nationaliste, assassiné par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Un bel hommage à un grand homme d’exception.   

La ville de Gonesse, au nord de Paris, a, en effet, dévoilé le 30 novembre 2022 la plaque d'une allée au nom de l'avocat algérien Ali Boumendjel, dont Emmanuel Macron a reconnu en 2021 qu'il avait été « torturé et assassiné » par l'armée française pendant la guerre d'Algérie.

L'évènement s'est déroulé en présence de la famille de M. Boumendjel, a indiqué le service communication de la ville à l'AFP. La plaque portant son nom a été apposée sur une allée du quartier populaire de la Fauconnière. Une autre allée du même quartier a également été nommée du nom de Fanny Pech, « ancienne directrice d'école et élue de la ville il y a plusieurs années qui était rapatriée d'Algérie », a précisé la même source.

« Ces deux évènements s'inscrivent dans la volonté du maire d'une démarche de conciliation des mémoires, dans le respect de chaque récit, l'année des 60 ans de la fin de la guerre d'Algérie et de l'histoire d'un quartier symbolique », a fait valoir la ville, située dans le Val-d'Oise et dirigée par le socialiste Jean-Pierre Blazy.

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Rue Ali Boumendjel : un pas pour la construction d’une mémoire apaisée

C'est « la première fois à ma connaissance en France » qu'a été dévoilée la plaque d'une rue au nom d’Ali Boumendjel, « ce militant algérien pour la démocratie, pour la paix et pour l'indépendance de l'Algérie », a souligné l'historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d'Algérie (1954-1962). « La bataille continue pour le respect des droits de l'homme, une société plus juste et égalitaire, et qui doit affronter avec lucidité les passés douloureux », a écrit l'historien dans un message transmis à l'AFP.

Rappelons que, début mars 2021, Emmanuel Macron a reconnu, « au nom de la France », que l'avocat nationaliste Ali Boumendjel avait été « torturé et assassiné » le 23 mars 1957 par des soldats de l'armée française au moment de la bataille d'Alger, contredisant la thèse officielle d'un suicide. Cette étape s'inscrivait dans la série des évènements organisés depuis l'arrivée du chef de l'État en 2017 pour tenter de « construire une mémoire apaisée et commune » sur la colonisation de l'Algérie et la guerre ayant conduit à son indépendance en 1962.