C’est un chiffre qui donne froid dans le dos. Au moins 464 harraga algériens ont trouvé la mort, l’année dernière, en tentant de traverser clandestinement la Méditerranée vers les côtes espagnoles. C’est ce qui ressort d’un bilan publié mercredi 18 janvier par une ONG espagnole.

La Méditerranée est restée l'an dernier la voie maritime la plus meurtrière pour les harraga originaires d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne. Un total de 2 390 personnes sont mortes ou portées disparues en 2022 sur la route migratoire irrégulière menant à l'Espagne. C'est ce qui ressort du rapport de l'ONG espagnole Caminando Fronteras.

Le rapport de l'ONG espagnole explique que parmi les victimes figurent 288 femmes et 101 enfants. La plupart de ces victimes ont trouvé la mort « en essayant de rejoindre les îles espagnoles des Canaries en bateau », note l’ONG qui a basé son rapport sur ses propres chiffres récoltés auprès des familles de migrants irréguliers et sur les statistiques des équipes de secours.

La route reliant la côte orientale de l'Espagne est la plus meurtrière pour les harraga algériens

L'ONG a également souligné dans son rapport qu’une route migratoire irrégulière devient de plus en plus populaire à l'heure actuelle en Méditerrané. Il s’agit de la route reliant l'Algérie à la côte orientale de la mer Méditerranée en Espagne, souligne l’ONG. Une route meurtrière pour les migrants clandestins met en garde Caminando Fronteras, qui a indiqué, dans son rapport, qu'au moins 464 harraga ayant emprunté cette route y ont trouvé la mort en 2022.

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Il est à noter que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé, dans son dernier rapport, que 2 556 personnes ont perdu la vie alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Europe l'année dernière, dont 1 126 décédées sur la route de l'Afrique de l'Ouest et de l'océan Atlantique, et 260 autres sur la route de la Méditerranée occidentale.

Le nombre de migrants irréguliers arrivant en Espagne a diminué de 25,6 % en 2022, selon les chiffres du ministère espagnol de l'Intérieur, passant de 41 945 personnes en 2021 à 31 219 en 2022. Cependant, les arrivées illégales par voie terrestre aux points frontaliers de l'Espagne avec le Maroc dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla ont augmenté de 24,1 %, selon la même source.