Le Premier ministre suédois, qui réagissait à l'autodafé la veille d'un coran lors d'une manifestation à Stockholm, a déploré ce dimanche 22 janvier un « acte profondément irrespectueux ». Il a exprimé, selon l’AFP qui rapporte ses propos, sa « sympathie aux croyants après plusieurs protestations dans le monde musulman pour ce qui s'est passé à Stockholm ». « La liberté d'expression est une part fondamentale de la démocratie, mais ce qui est légal n'est pas nécessairement approprié », a en effet indiqué Ulf Kristersson sur Twitter dans un message publié dans la nuit.

Tout a commencé samedi après-midi lors d'une manifestation autorisée par la police suédoise à proximité de l'ambassade de Turquie. Rasmus Paludan, décrit comme l'extrémiste de droite suédo-danois, a brûlé un exemplaire du Coran, « un acte visant à dénoncer les négociations suédoises avec Ankara sur l'OTAN ». Ladite manifestation a d’ailleurs donné lieu à un incident diplomatique avec la Turquie, qui a vite dénoncé un «crime de haine manifeste ».

Dans la foulée, la visite d'un ministre suédois, prévue la semaine prochaine, a été annulée. De nombreux autres pays musulmans ont exprimé leur indignation. Le chef de la diplomatie suédoise, Tobias Billström, avait lui aussi condamné « une provocation islamophobe épouvantable », soulignant que l'autorisation de la manifestation ne voulait pas dire qu'elle était soutenue par l'exécutif.

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Aussi, tout comme le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et l'Organisation de la coopération islamique (OCI), l'Indonésie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont exprimé leur « condamnation ». Pour Jakarta, « la liberté d'expression doit être exercée de façon responsable ».

L'Algérie a, pour sa part, dénoncé « avec la plus grande fermeté l’acte odieux de militants extrémistes sous les yeux des agents de la force publique ». « L’acte en question provoquera un sentiment de haine envers la religion musulmane et une atteinte gravissime des valeurs de liberté et de l’humanité» , écrit a cet effet le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué relevant dans le même contexte que cet acte est en « contradiction avec les principes des droits de l’homme et remet en cause les efforts pour la diffusion des efforts de la tolérance, du dialogue entre les religions et le vivre ensemble ».

Enfin, le Maroc a exprimé son « étonnement que les autorités suédoises aient permis cet acte inacceptable et odieux, qui s'est déroulé devant les forces de l'ordre suédoises ». Plusieurs dizaines de personnes se sont également rassemblées samedi en fin de journée devant le consulat de Suède à Istanbul en signe de protestation, brulant un drapeau suédois. Les manifestants ont même exigé d’Ankara de rompre tout lien diplomatique avec Stockholm.