Le déclenchement de la guerre en Ukraine a fait planer des incertitudes  sur l'approvisionnement du marché mondial en blé, étant donné que la Russie et l'Ukraine en sont les principaux producteurs et exportateurs. L'Algérie, qui est parmi les plus grands importateurs de blé russe, a déjà pris ses précautions en se tournant à nouveau vers le marché français1. Un blé que les autorités algériennes avaient décidé, à la fin de l'année 2021, de ne plus importer en donnant suite à la crise diplomatique survenue entre les deux pays.

Ainsi, cette crise est derrière les deux pays. Les relations diplomatiques entre les deux pays se sont nettement améliorées, impactant par ricochet les importations de blé français par l'Algérie. Selon la dernière note de conjoncture sur les marchés céréaliers publiée le 18 janvier dernier par FranceAgriMer (cellule de veille du ministère de l'Agriculture), les exportations de la céréale vers l'Algérie ont totalisé 1,497 million de tonnes sur la première moitié de la campagne commerciale 2022/2023 (juillet-décembre), soit une hausse de 30 % par rapport à l'année précédente.

Cette hausse des exportations françaises n'est cependant pas seulement liée à l'amélioration des relations diplomatiques entre les deux pays. Elle est aussi due, selon Paul Le Bideau, responsable adjoint de l'unité Grains et Sucre de FranceAgriMer à une amélioration de la compétitivité du blé français sur ladite période. C'est un changement également lié à la conjoncture politique internationale . Les réassureurs ont affiché une certaine hésitation pour couvrir les risques liés aux flux de céréales dans la région de la mer Noire, ce qui a conduit à une flambée des primes d'assurance concernant les importations russes alors que les achats depuis l'Ukraine ont été quasi inexistants en raison de capacités logistiques limitées.

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Pour Paul Le Bideau, « cette situation est couplée à la frilosité de certains pays qui hésitent à acheter des céréales russes. D'autre part, les frais logistiques rendent l'origine australienne moins intéressante pour le Maghreb ». Cette situation a donc fait que l'Algérie est le second débouché pour le blé français toutes origines confondues (pays tiers et Union européenne) entre juillet et décembre 2022, derrière le Maroc, où les ventes ont aussi explosé de plus de 50 % et ont atteint 1,74 million de tonnes.


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