Éclaboussé par un scandale de corruption de grande envergure, le parlement européen a réagi en votant une résolution contre le Maroc. Une première depuis 25 ans. Ce parlement a, en effet, voté le 19 janvier à une grande majorité, la résolution condamnant les agissements du Maroc par rapport aux journalistes emprisonnés.

Ainsi, cette résolution marque la fin de l'immunité dont bénéficie le Maroc. Ce texte d’urgence, sur les journalistes emprisonnés et la détérioration continue de la liberté de la presse, a été adopté par 356 eurodéputés alors que 32 se sont opposés et 42 eurodéputés se sont abstenus. Le Maroc habitué à son statut particulier dans cette institution n'a pas encore digéré ce qu'il considère comme un affront. Il continue sa fuite en avant sur la question des droits humains dans le royaume et ressort ses arguments habituels.

Effectivement, le Maroc en réagissant à la résolution du parlement européen refuse de reconnaitre les atteintes sur lesquelles il a été condamné. Selon un communiqué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (gouvernemental), qui a été lu par son secrétaire général, Mustapha Lebzar, lors d'une conférence de presse à Rabat, le Maroc a vivement dénoncé ce qu'il a appelé « l’approche du Parlement européen qui s’est arrogé le droit de juger la justice marocaine de manière flagrante et partiale, portant préjudice aux institutions judiciaires du Royaume et n’accordant aucune considération à leur indépendance ».

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Les arguments habituels du Maroc

Comme d'habitude c'est au nom de l'ingérence que le Maroc se place. Le royaume a donc rejeté toute ingérence dans la justice ou tentative d’influencer ses décisions, d’autant que certaines affaires évoquées sont toujours devant les tribunaux, souligne le communiqué. Pour le royaume cette résolution vise à exercer des pressions sur le pouvoir judiciaire aux fins de la libération immédiate des personnes qu’elle a mentionnées. Le Maroc rejette également les allégations citées dans la résolution, « inspirées par certaines sources connues pour leurs positions dogmatiques sans disposer de preuves et de données vérifiées, et qui sont, de surcroit, réfutées par les faits ».

« Les personnes citées dans la résolution ont bénéficié de l'ensemble des garanties d’un procès juste et équitable prévues par la loi. L'objet du procès des individus cités dans la résolution du Parlement européen n’est en aucun cas lié à une activité journalistique ou à l’exercice de la liberté d’opinion et d’expression, qui sont garanties par la loi et la Constitution marocaines. Le Conseil rejette la logique de "deux poids, deux mesures" qui caractérise cette résolution », affirme le communiqué.

Il faut noter qu'avant le parlement européen, plusieurs ONG, dont des ONG marocaines, ont dénoncé l'instrumentalisation de la justice contre les journalistes. Le parlement européen n'a fait que soulever ces atteintes à la liberté de la presse dans le royaume.