Les relations diplomatiques entre le Maroc et la France commencent à se réchauffer, après une longue période de crise silencieuse. La récente visite de la ministre française des Affaires étrangères dans le royaume a réussi à détendre l'atmosphère avant la visite prévue d'Emmanuel Macron en ce début d'année. Cependant, au Maroc, les relations avec la France sont perçues différemment par les différents acteurs politiques.

C'est le cas de Idriss Lachgar, le premier secrétaire du parti de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), qui a remis en cause ces relations. Ce responsable marocain, qui s'est exprimé lors d’une journée d’étude organisée par le groupe socialiste à la Chambre des représentants, a été d'une grande virulence contre la France. Dans cette intervention, Idriss Lachgar a accusé la France de tromper le Maroc durant des décennies en prétendant le soutenir.

Le premier secrétaire du parti de l’Union socialiste des forces populaires, fidèle aux arguments de la gauche marocaine qui place la souveraineté du royaume au premier plan, a ajouté qu'au cours des dernières décennies les réalisations du royaume ont placé le pays dans une position d’égalité avec l’Europe, ce que cette dernière n’accepte pas. Le responsable marocain a également joué sur la Fibre de la concurrence franco-espagnole sur l'influence au Maroc. Il a évoqué les fondements des partenariats entre le Maroc et certains pays européens, rappelant que les premières négociations avec l’Espagne portaient sur des produits agricoles et que les nations ne comprenaient pas le projet de développement du Royaume.

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Revenant à la France, Idriss Lachgar a déclaré : « notre destin dans cette situation stratégique est de faire face à l’est, au sud et au nord pour la défense de notre vraie cause nationale ». Une manière de mettre la France dans la catégorie des adversaires du royaume. Ces déclarations ont surtout un lien avec la question du Sahara occidental. Ce responsable se joint donc aux appels du roi et du gouvernement marocain pour un appui direct du plan d'autonomie du Sahara occidental.

Cependant, ces déclarations arrivent dans un contexte particulier. Le Maroc, qui a été longtemps protégé par l'Union européenne, a vu son lobbying s'effriter ce qui donne une occasion aux représentants du Polisario d'accentuer la pression sur le royaume, surtout à travers le parlement européen qui vient de signer une résolution contre le Maroc.