Un réseau d'immigration clandestine démantelé en Corse

Les passeurs entassent chaque jour des centaines de migrants sur des bateaux, notamment en Méditerranée, et se font payer à prix d’or. Il s’agit, en effet, d’un « métier » qui rapporte gros.

« Le business des passeurs commence à devenir très juteux », expliquait Pascal Reyntjens, chef de mission à l'Organisation internationale des Migrations (OIM) et directeur du bureau pour la Belgique et le Luxembourg dans une déclaration à TV5 Monde. Seulement, comme dit l’adage, « il n’est pas interdit de voler, mais de se faire attraper ». Quoique, bénéficiant dans la plupart des cas de larges complicités (y compris des services de lutte contre la migration clandestine dans certains pays), les passeurs finissent souvent par être appréhendés.

Le dernier exemple en date nous vient cette fois-ci de la Corse. En effet, une année d’enquête menée étroitement entre les autorités sénégalaises, italiennes, espagnoles, portugaises et belges, a permis d'aboutir à l'arrestation de quatre personnes par la police française aux frontières, le mardi 7 février. « Il s’agit de trois hommes et une femme », rapportent des médias locaux. À la tête du réseau : un Sénégalais et sa sœur.

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Les passeurs avaient de fausses identités françaises

Implantés depuis longtemps en Corse-du-Sud, notamment dans le milieu de la restauration, ils sont tous deux détenteurs d'une fausse carte d'identité et d'un faux passeport français obtenus il y a une dizaine d'années. Plus en détail, les deux passeurs modifiaient des papiers d'identité belges, portugais, italiens et espagnols, volés dans des pays de l'espace Schengen, et ce, grâce à un faussaire établi en Turquie.

« Falsifiés, ces documents sont revendus 250 à 1000 euros pièce », puis livrés en Corse par des sociétés de transport rapide. « C'est d'ailleurs certaines de ces livraisons qui ont permis de pister les trafiquants », explique-t-on, relevant dans le même contexte que les acheteurs de faux papiers étaient dans la plupart des cas des membres de la communauté sénégalaise. Ces derniers exerçaient par la suite dans les hôtels et des restaurants pour la saison estivale. En situation irrégulière, plusieurs de ces saisonniers Sénégalais ont reçu une obligation de quitter le territoire français.

Ce n’est pas le premier réseau de passeurs de migrants à être démantelé. Europol, les polices de la Pologne, d'Allemagne et des pays baltes avaient procédé, en décembre 2022, à plusieurs interpellations parmi un grand réseau de passeurs soupçonnés de faire entrer sur le territoire européen des migrants clandestins. Les migrants partaient depuis la Turquie en Russie, puis ils étaient transportés au Bélarus pour traverser les frontières de l'Union européenne, expliquaient les autorités polonaises.


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