Arte consacre un documentaire à la chanson algérienne « Ya Rayah »

La chaine franco-allemande Arte a consacré un documentaire audio à la célèbre chanson « Ya Rayah ». Ce podcast de 33 minutes, mis en ligne le 17 février, revient sur l’histoire de cette chanson composée par Dahmane El Harrachi et qui a connu un succès international grâce à Rachid Taha. Au-delà de l’histoire de la chanson, le documentaire « Ya Rayah, l’exil en dansant », met surtout en lumière celle de l’immigration algérienne en France.

La chanson « Ya Rayah » est sans conteste l’un des plus grands succès de la musique algérienne. Interprétée pour la première fois par Dahmane El Harrachi, au début des années 1970, cette chanson a connu un immense succès à travers le monde grâce à la reprise de Rachid Taha à la fin des années 1990. Mais derrière cette chanson se cache une histoire beaucoup plus profonde. Une histoire que les réalisateurs Mehdi Ahoudig et Hassen Ferhani ont voulu mettre en lumière, dans leur documentaire audio « Ya Rayah, l’exil en dansant », diffusé sur Arte Radio.

Avec leurs micros, les deux réalisateurs vont dans les rues de Marseille et de Paris pour voir ce que « Ya Rayah » représente chez les immigrés algériens, mais aussi marocains et tunisiens de France. Ils interviewent des musiciens, et font parler l’historienne Naïma Huber-Yahi, qui rappelle d’abord que « Ya Rayah n’est pas le tube de Rachid Taha que nous connaissons tous, mais une chanson de Dahmane El Harrachi. Que ce dernier, né en Algérie, a imaginé à Paris, en 1971. C’est se tromper que de croire que c’est une chanson d’Algérie qui résonnerait en Algérie de la même manière pour les Algériens que pour les enfants d’immigrés », affirme-t-elle au micro d’Arte.

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« Ya Rayah » ou la douleur de l'exil en France

La chanson « Ya Rayah » raconte la douleur de l’exil en France et le regret du pays natal. À l'aide d'analyses brillantes et de punchlines, de témoignages et de confidences, le documentaire de Mehdi Ahoudig et Hassen Ferhani, questionne ce que la chanson « Ya Rayah » dit de l'histoire des Français d'origine maghrébine et de leurs exils intimes. « Ya Rayah » a connu un succès retentissant en France grâce à sa reprise par Rachid Taha. C’était à la fin des années 1990, une période marquée par les émeutes urbaines et la montée du racisme contre les immigrés en France.

Une période durant laquelle la France « black, blanc, beur » était célébrée. C’était dans le sillage de la victoire de l’équipe de France en Coupe du monde 1998. Un triomphe auquel le franco-algérien Zinedine Zidane a largement contribué. Et c’est dans ce contexte que « Ya Rayah » est interprétée, le 26 septembre 1998, lors du concert « 1, 2, 3 soleils », qui a réuni à Bercy Khaled, Faudel et Rachid Taha. Depuis, beaucoup de monde danse au rythme de cette chanson sans vraiment en connaitre le sens.


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