Le racisme a la peau dure en France. C’est ce qui ressort, en effet, d’un rapport publié vendredi 2 décembre par le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD). Un rapport qui souligne « l'ampleur » des discours de haine raciale en France, notamment dans les médias, sur internet, mais aussi en provenance de « certains responsables politiques » français.

Alors que le débat en France se focalise ces derniers jours sur l’immigration, notamment dans le cadre du débat sur la nouvelle loi asile et immigration, un comité d’experts de l’ONU a rendu, vendredi 2 décembre, un rapport accablant sur l’ampleur du racisme en France. Les 18 experts indépendants du Comité onusien pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) ont émis une série d'observations et recommandations, après l'examen régulier, les 15 et 16 novembre, de la politique française envers ses minorités.

Le Comité de l’ONU, qui a mis en exergue « la détermination » du gouvernement français pour «  lutter contre le racisme et la discrimination raciale », demeure toutefois « préoccupé par la persistance et l'ampleur des discours à caractère raciste et discriminatoire, notamment dans les médias et sur internet ». Dans leur rapport, les experts de l’ONU se disent également préoccupés par « le discours politique raciste tenu par des responsables politiques », dont les noms ne sont pas cités, à l'égard de « certaines minorités ethniques, en particulier les Roms, les gens du voyage, les personnes africaines ou d'ascendance africaine et les personnes d'origine arabe ».

À lire aussi :  La première barbière de France est une Algérienne de Kabylie

L'ONU demande à la France de « combattre efficacement les discours de haine raciale »

Il est clair que le Comité de l’ONU vise les responsables des partis de la droite et de l’extrême droite qui ne cessent de vilipender dans leurs discours les migrants, notamment ceux en provenance de l’Afrique. Dans son rapport, le CERD demande au gouvernement français de « de redoubler d'efforts pour prévenir et combattre efficacement les discours de haine raciale », y compris par « l'application effective de la législation, et de sanctionner toute manifestation de racisme et de haine raciale dans les espaces publics, notamment dans les médias et internet ».

Les experts de l’ONU ont souligné aussi dans leur rapport « le recours fréquent aux contrôles d'identité, à des interpellations discriminatoires », ainsi qu'à « l'application des amendes forfaitaires délictuelles imposées par la police ou les forces de l'ordre, ciblant de manière disproportionnée certaines minorités, en particulier les personnes africaines, d'ascendance africaine, d'origine arabe, les Roms, les gens du voyage et les non-ressortissants français ».

Les rédacteurs du rapport se disent préoccupés par « l'absence de contrôle judiciaire et de traçabilité » de ce type de contrôles d'identité, « lesquels sont souvent accompagnés de propos et d'actes racistes et discriminatoires ». Le rapport de l’ONU demande à la France d' « inclure dans sa législation la définition et l'interdiction du profilage racial ou ethnique » et de veiller à ce que soient mises à disposition de la police et des autres agents des forces de l'ordre, « des directives claires » sur le sujet.