France : Les étudiants algériens et marocains victimes de discrimination (étude)

Etudiants Aglériens en France

Des milliers d'étudiants africains s'inscrivent chaque année dans les universités françaises. Parmi ces étudiants, une grande partie est issue des pays de l'Afrique du Nord, notamment l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Ces étudiants sont néanmoins victimes de discrimination. C'est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de l’Observatoire national des discriminations et de l’égalité dans le supérieur (ONDES).

En effet, selon cette étude menée dans plus de 2000 masters de 84 universités, la demande d’information d’un candidat ayant un patronyme d’origine maghrébine reçoit moins de réponses que celle du candidat dont le nom a une consonance française. Cela confirme les nombreuses études qui ont conclu que la discrimination touche de plus en plus les Maghrébins en France, notamment dans le domaine du travail. Porter un patronyme maghrébin est un handicap pour les demandeurs d’emploi, selon ces études. Cependant, ces discriminations touchent également les étudiants.  

Ainsi, cette nouvelle étude menée par des chercheurs suivant la méthode du « testing » pour mesurer d'éventuels risques discriminatoires autour de l'entrée en Master des étudiants supposés d’origine maghrébine, confirme l’existence de biais de sélection de la part des enseignants-chercheurs chargés de recruter les étudiants dans les masters.

Pour réaliser cette étude ; les chercheurs ont choisi quatre patronymes d'origine différents. Thomas Bernard, Mohamed Messaoudi, Rachida Saïdi et Valérie Leroy sont donc ces étudiants fictifs qui ont contacté par courriel, en février 2022, des responsables de master pour leur signifier leur intention de se porter candidats à leurs formations. Les quatre étudiants ont aussi une différence : la consonance de leur nom de famille, qui impliquera parfois qu’ils n’obtiendront finalement pas de réponse à leurs sollicitations.

Selon ce « testing », pour une simple demande d’information concernant les modalités de candidature, Valérie Leroy est celle qui reçoit le plus de réponses (68,9 %), suivie de Thomas Bernard (68,2 %). Mohamed Messaoudi et Rachida Saïdi ont obtenu respectivement 61,4 % et 60,2 % de réponses. Un taux inférieur aux deux étudiants dont le nom est français.

L'étude révèle donc que la discrimination selon l’origine est particulièrement forte (15 % de chances en moins pour Rachida Saïdi et Mohamed Massaoudi) dans deux grands domaines à savoir le droit, l'économie, la gestion et également dans les domaines des  sciences, de la technologie et de la santé. Elle révèle également que les étudiants originaires de l'Afrique du Nord n'ont pas eu de réponses pour les masters qui offrent de meilleurs débouchés pour le travail. Ils sont souvent orientés vers des masters moins performants.

Le président de la commission permanente des chargés de mission égalité et diversité dans les universités, Philippe Liotard, affirme que cette étude « rend visible l’invisible, mais aussi l’impensable ». De son côté, le sociologue à l’université Claude-Bernard Lyon-1 indique en réaction à cette étude que « dans l’enseignement supérieur, une discrimination peut donc se produire lors d’une simple demande d’information ».

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