L'approche métiers en tension perpétue une vision utilitariste des étrangers en France

migrants à Calais, près de la Belgique

Le projet de la nouvelle loi sur l'immigration en France sera bientôt présenté devant le parlement. Ce projet de loi est décrié par de nombreuses personnalités politiques et activistes associatifs. Il incarne, pour de nombreux observateurs, le recul des conditions d'accueil en France. Pour la Cimade, cette nouvelle loi ne fait que renforcer le rejet des immigrés. « Le texte perpétue et même renforce la fabrique de personnes sans-papiers par les lois françaises », affirme cette association.

Les débats sur la nouvelle loi sur l'immigration ne s'estompent pas en France. Alors que certains courants politiques demandent plus de contrôle et de sévérité, d'autres acteurs de la société civile dénoncent cette loi, qui compliquera davantage la vie des sans-papiers. La Cimade (l'association de solidarité active et de soutien politique aux migrants, aux réfugiés et aux déplacés, aux demandeurs d'asile et aux étrangers en situation irrégulière), qui est aux côtés des immigrés depuis se création en 1939, fait partie de ces associations qui ne cessent de dénoncer les tournures que prennent les choses en France concernant cette catégorie.

Cependant, cette association signale que ce projet de loi contient au moins une mesure intéressante. Elle va permettre aux travailleurs sans-papiers présents sur le territoire depuis au moins trois ans d’obtenir un titre de séjour « métiers en tension », valide un an. Mais cette mesure est conditionnée pour les sans-papiers par l'exercice du métier au moins huit mois sur les deux dernières années de leur présence sur le territoire.

La liste des métiers dits « sous tension » pose également problème. La Cimade relève que « la liste des métiers en tension peine à coller aux réalités du terrain, parce qu’elle est établie sur la base de données incomplètes et parce que l’emploi de personnes sans-papiers comble de nombreux besoins de main-d’œuvre ». Elle ajoute que « la plupart sont à ce jour presque absents de la liste des métiers en tension (bâtiment, restauration, ménage, aides à la personne…) ». Ce qui fait dire à cette association que les migrants  resteront illégaux et précaires malgré cette loi. « Le texte perpétue et même renforce la fabrique de personnes sans-papiers par les lois françaises », indique la Cimade, en expliquant que « l’approche métiers en tension perpétue une vision utilitariste de la main- d’œuvre étrangère, perçue comme une variable d’ajustement face aux pénuries de main-d’œuvre, tout en étant en décalage avec les réalités de terrain ».

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