Le marché noir de la devise en Algérie pourra-t-il disparaitre ?

L'existence du marché noir des devises est un véritable fardeau pour l'économie algérienne. Des sommes colossales sont échangées sur ce marché et échappent à tout contrôle. Les gouvernements successifs ces dernières années ont promis d'agir pour mettre fin à ce marché, qui est une véritable bourse. Cependant, pour l'instant, rien n'a été fait. Les décisions de ces gouvernements ne sont pas suivies d'effets. 

Ces derniers jours, le débat est revenu sur l'existence même de cette bourse parallèle. Lors des débats à l'APN et au sénat à l'occasion de la présentation du texte de loi monétaire et bancaire, des élus ont encore réclamé la fermeture de ce marché. De son côté, le ministre des Finances s'est engagé à fermer ces marchés noirs graduellement avec l'ouverture des bureaux de change. Pour le ministre, il faut d'abord affaiblir ce marché avant de s'en débarrasser définitivement dans les prochaines étapes.

Ce ministre est donc moins catégorique que les précédents qui ont promis la fermeture des marchés noirs des devises. Cependant, la question se pose sur la faisabilité de ces fermetures. Il faut dire que l'ouverture des bureaux de change aura un impact certain sur le marché noir. Les transactions vont ainsi diminuer, mais ne vont pas disparaitre. Pourquoi ?

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Pour répondre à cette question, il faut d'abord comprendre ce marché. En effet, le marché noir répond à une demande des voyageurs, opérateurs économiques, etc. Ce marché est le résultat de l'économie informelle et pas le contraire. Cette économie représente une grande partie de l'économie algérienne. Pour mettre fin au marché noir des devises, il faut s'attaquer en premier lieu à l'économie informelle, qui est le principal moteur de ce marché. Quant aux bureaux de change, la question se pose sur leur capacité à répondre à toute la demande. Les sommes en devises qui transitent pas le marché noir se comptent en milliards. Les bureaux de changes auront-ils les capacités financières pour remplacer ce marché ?

Le marché noir des devises continu aussi à prospérer en raison de la convertibilité limitée du dinar. Selon certains experts, le taux de change de ce marché est le plus proche de la valeur réelle du dinar. D'où le pessimisme de ces experts quant à la fermeture prochaine du marché noir des devises.


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