Graves accusations sur la délivrance de visas Schengen

Visas Schengen

Graves accusations contre certains pays européens concernant la délivrance de visas pour les ressortissants de nombreux pays tiers. Selon une enquête menée par Lighthouse Reports et le NRC, certains États membres de l'espace Schengen utiliseraient des algorithmes secrets pour le traitement des demandes de visa. Les candidats de certains pays au visa Schengen seraient ainsi soumis à un profilage basé sur leurs origines ethniques.

Obtenir un visa Schengen devient de plus en plus difficile pour les ressortissants de certains pays, dont les Algériens. Les statistiques publiées récemment concernant le taux élevé de refus des visas Schengen pour les Algériens ne font que le confirmer cela. Pire encore, en 2022, l'Algérie bat le record de refus de visas pour chaque pays de l'espace Schengen.

Si les motifs de refus de visas sont nombreux et différents d'un pays à un autre, il n'en demeure pas moins que les raisons de ces refus massifs seraient à chercher du côté des procédures utilisées par certains pays de l'espace Schengen dans le traitement des demandes de visas. C'est, en tous cas, ce que révèle une enquête menée par Lighthouse Report et le NRC.

Un algorithme pour profiler les demandeurs de visas Schengen ?

L'enquête accuse ouvertement le gouvernement des Pays-Bas d'utiliser depuis 2015 des algorithmes secrets dans le traitement des demandes de visas Schengen. Selon cette enquête, citée par le site Visa Schengen Info, les demandeurs de visa de certains pays tiers sont soumis à un profilage basé, entre autres, sur leurs origines ethniques. Selon l'enquête, des millions de candidats ont été profilés par les autorités néerlandaises en utilisant des variables telles que la nationalité, l'âge et le sexe.

Les candidats classés « à haut risque » sont automatiquement soumis à une « enquête approfondie », ce qui engendre des retards dans le traitement des dossiers et, dans la plupart des cas, conduit au refus de visa, selon la même source. Cela a suscité des inquiétudes chez de nombreux ressortissants de pays tiers qui ont besoin d'un visa, les poussant à penser que d'autres pays Schengen pourraient également utiliser de tels algorithmes, ajoutent les auteurs de l'enquête.

Face aux graves accusations portées par cette enquête, le site Visa Schengen Info s'est rapproché des autorités de certains États de l'espace Schengen pour en savoir plus sur cette affaire de l'utilisation potentielle d'algorithmes de « profilages illégaux et secrets » dans le traitement des demandes de visas.

Visa Schengen : L'Espagne et la Suède réfutent les accusations

Parmi les États de l'espace Schengen sollicités, seules la Suède et l'Espagne ont répondu aux questions. Les autorités des deux pays réfutent les accusations en affirmant qu'ils n'utilisaient aucun algorithme pour « profiler les demandeurs de visas Schengen selon leurs origines ethniques ni selon d'autres critères comme l'âge, le sexe ou la situation économique », rapporte la même source.

« Le délai de réponse d'un demandeur peut varier entre 15 et 45 jours. Cela peut être dû au besoin des États de Schengen de consulter les autorités des autres États membres », affirme le porte-parole de l'Office suédois des migrations, soulignant que son pays ne discrimine pas les candidats aux visas.

D'autres pays émetteurs de visas Schengen qui reçoivent un nombre élevé de demandes chaque année, comme la France et la Suisse, ont également été contactés. Cependant, les autorisé de ces pays n'ont pas répondu aux questions à ce sujet, précise Schengen Visa Info. Cela n'a pas été sans susciter des inquiétudes parmi les ressortissants de pays tiers qui ont besoin d'un visa pour entrer dans l'espace européen de libre circulation, souligne la même source.

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