Coup d'État au Gabon : La France perd-elle un autre allié en Afrique ?

L'Afrique vit au rythme de coups d'État, de guerres et d'insurrections. Le Gabon connait à son tour un coup d'État militaire. Le régime de Ali Bongo, qui a succédé à son père Omar, est secoué par un coup d'État. Des militaires ont annoncé ce mercredi 30 aout la fin de la dynastie Bango au Congo.

Ainsi, la déconfiture de la France Afrique continue. Après avoir perdu du terrain dans plusieurs pays africains, la France se dirige vers la perte d'un allié précieux. Les militaires auteurs du coup d'État ont donc renversé le régime, alors que les résultats officiels de la présidentielle de samedi venaient tout juste de consacrer la victoire du président Ali Bongo, au pouvoir depuis 14 ans et qui avait succédé à son père, Omar Bongo, lui-même resté à la tête du pays pendant 41 ans.

Pour rappel Ali Bongo Ondimba, dont le père est mort en juin 2009, est investi président le 16 octobre de la même année. En août, il a été élu lors d'un scrutin contesté. Des violences post-électorales et des pillages ont secoué Port-Gentil, dans l'ouest du pays, faisant plusieurs morts. Rapidement, l'opposition dénonce une « dérive autoritaire » et une « personnalisation du pouvoir ». Cependant, Bango fils a pris des distances par rapport à la France. En 2010, la justice française ouvre une enquête sur le patrimoine considérable amassé en France par Omar Bongo et d'autres chefs d'État africains, ainsi que par des dirigeants syriens. C'est l'affaire des « biens mal acquis ». Neuf enfants d'Omar Bongo sont actuellement mis en examen à Paris dans cette procédure.

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L'instabilité a poursuivi le régime d'Ali Bango pendant tout son règne. Le 9 juillet 2023, Ali Bongo annonce sa candidature à un troisième mandat présidentiel. L'opposition dénonce un « pouvoir dynastique », après plus de 55 ans de présidence de la famille Bongo, et une précampagne d'Ali Bongo financée par les moyens de l'État. Mercredi 30 août 2023, Ali Bongo est officiellement réélu avec 64,27 % des voix contre 30,77 % pour son principal rival, Albert Ondo Ossa, qui avait dénoncé des « fraudes orchestrées par le camp Bongo », deux heures avant la clôture du scrutin. Quelques heures après l'annonce de ces résultats, les militaires sont passés à l'action. Le régime a été renversé.


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