Marché de blé en Algérie et au Maroc : Le blé russe devance le français

Algérie - Champ de blé

L'Algérie et la France traversent -encore une fois- une période de froid. Les relations entre les deux pays stagnent après une période de réchauffement caractérisée par la visite du Président français Emmanuel Macron, suivi d'une quinzaine de ministres en Algérie. Ce temps semble désormais révolu, les deux pays ont renoué avec les chamailleries. Avec le Maroc également, les relations françaises battent de l'aile. Cette situation politique impacte inexorablement les échanges économiques entre les deux pays.

En effet, depuis quelques mois déjà, l'Algérie s'est rapprochée de la Chine et de la Russie en s'éloignant de la France. C'est dans ce contexte que l'Algérie est restée cet été 2023 le deuxième acheteur du blé russe. En effet, « l’Algérie maintient sa deuxième place en volume d’importations (de blé russe NDLR) sur les deux derniers mois », a indiqué à l’agence Sputnik, le président de l’Union céréalière de Russie, Arkadi Zlotchevski.

Ce responsable a affirmé que l'Algérie continuait d’importer du blé russe malgré l’augmentation de ses prix depuis la fin de l’accord céréalier de la mer du Nord, dépassant même le prix traditionnellement plus élevé du blé français. « Les pronostics selon lesquels le blé russe devait garder sa part sur ce marché en écartant les céréales françaises se réalisent », a-t-il ajouté.

Le marché algérien est l'un des plus importants au monde

Il faut dire que les prévisions faites fin juillet par le département d’État américain de l’agriculture, révèlent que les importations algériennes devraient s’élever à 8,7 millions de tonnes, soit 1,2 million de tonnes de plus qu’en 2022. Cette hausse attendue des importations est due à des prévisions d’une production locale en baisse de 600.000 tonnes par rapport à la campagne précédente. Ces chiffres font du marché algérien l'un des plus importants au monde.

Le choix du blé russe a donc impacté les exportations du blé français. « Entre mai et juillet, le blé français n’a pas été compétitif. Loin de là. Les écarts dépassant parfois les 40 dollars/tonne en faveur de l’origine russe. Le blé français n’était pas capable de remplir les carnets de commande à l’exportation vers les pays tiers. Mais la donne change depuis quelques semaines avec, d’une part, un travail d’amélioration du prix de l’origine France et une remontée des prix russes liés à des retards de récolte, des tensions logistiques internes et à la prime d’assurance de fret qui reprend de l’ampleur, à cause de l’insécurité maritime», a indiqué Alexandre Marie, chef analyste pour Agritel.

Le Maroc a également opté pour le blé russe

L’Office marocain interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) a modifié, en juillet, son système de restitution à l’exportation de blé. Cette décision a favorisé l'approvisionnement de blé depuis la mer noire, notamment la Russie. Le Maroc a donc également opté pour du blé russe à la place du blé français. Il faut dire que le recul du blé français dans ces deux pays d'Afrique du Nord ne répond pas seulement à des enjeux économiques. Il est également une des conséquences de la détérioration des relations diplomatiques entre la France et le Maroc et, à un degré moindre, celles de la France avec l'Algérie.

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