La France envisage de créer une fondation pour les harkis : une provocation pour l'Algérie ?

L'Algérie a arraché son indépendance en 1962. 61 ans après cette indépendance, la guerre d'Algérie continue de faire débat. En effet, cette guerre déclenchée après plus d'un siècle de colonisation déchaîne les passions des deux côtés de la Méditerranée. Elle est l'un des sujets de discorde entre l'Algérie et son ancienne puissance colonisatrice, la France.

Les visions sur cette histoire commune s'opposent en effet dans plusieurs aspects. L'Algérie réclame toujours des excuses de la France, et de son côté, Paris refuse de présenter ces excuses et veut tourner cette page de l'histoire. Cependant, même dans l'Hexagone, certaines questions divisent encore. Les courants politiques français sont partagés entre les nostalgiques de l'Algérie française et les anticolonialistes qui sont tout sauf fiers de cette période qu'ils considèrent comme sombre de leur histoire.

Parler des relations entre la France et l'Algérie est presque impossible sans revenir à cette histoire commune entre les deux pays. De ce fait, chaque geste fait d'un côté ou d'un autre est considéré comme provocation. La réintroduction d'un couplet qui s'attaque à la France dans l'hymne national algérien est un exemple de ces relations qui se tendent à la première occasion. C'est dans le même ordre d'idée que la France est revenue à la période de la Guerre d'Algérie.

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Les harkis : héros pour la France, traîtres pour l'Algérie

En effet, la ministre française chargée des Anciens combattants, Patricia Mirallès, a évoqué l’idée de travailler sur une fondation pour les harkis et leurs descendants. Cette responsable, qui s'est exprimée à l’occasion de la journée annuelle de reconnaissance des Harkis, a indiqué qu’elle chargerait l’Inspection générale des Forces armées françaises d’élaborer un projet de fondation pour les soldats algériens qui ont été pour l’essentiel abandonnés une fois transférés en France après l’indépendance de l’Algérie. « J’ai décidé d’adhérer à cette idée » qui vient de plusieurs groupes de défense des droits Harki, a déclaré Patricia Mirallès, en ajoutant que « c’est une réflexion qui mérite d’être menée avec nuance et en profondeur ». La ministre considère que cette fondation permettrait de mieux faire connaître en France l’histoire des harkis et leur apport à l’armée française.

Cependant, ces Algériens considérés par la France comme des héros qui ont combattu pour le prestige du pays sont considérés par l'Algérie comme des traîtres, d'où le terme harki. Dans l'inconscient collectif algérien, ces soldats ont participé aux persécutions, violences, meurtres et également viols en Algérie pendant cette guerre. Ils sont également montrés du doigt par les Algériens qui répètent souvent que si ce n'était pas les harkis, la guerre aurait duré beaucoup moins longtemps. La création d'une fondation qui leur rend hommage en France pourrait donc être considérée comme une provocation par l'Algérie qui réclame des excuses françaises.


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