France-Algérie : Un député centriste plaide pour une « diplomatie non gouvernementale »

Depuis l'indépendance de l'Algérie, ses relations avec l'ancienne puissance coloniale ont de tout temps été tumultueuses. Ces relations évoluent en dents de scie sur fond de divergences sur plusieurs dossiers, dont celui de la mémoire commune qui bute sur deux visions différentes de l'histoire. L'Algérie et la France qui se font face sur les deux rives de la Méditerranée divergent également sur des dossiers géostratégiques dont les intérêts des deux pays sont différents.

Les relations entre les deux pays connaissent donc des phases de crise et des phases de bonne entente. Elles sont toutefois fragiles et basculent facilement à chaque événement qui fâche une partie ou une autre. Actuellement, ces relations sont caractérisées par un froid qui dure depuis des mois. Pour dépasser les tensions entre les deux pays, le député Frédéric Petit du MoDem, un parti centriste, plaide pour une « diplomatie non gouvernementale ».

Le rapporteur du budget de la diplomatie culturelle ou d’influence et, député des Français établis hors de France, s'est exprimé sur la question, le 18 octobre lors de la présentation devant ses collègues de la Commission des affaires étrangères, de ses observations sur les crédits alloués à l’action extérieure de l’État. Dans son rapport, le député constate que les intervenants dans les relations franco-algériennes sont unanimes sur « la permanence des blocages de la relation bilatérale ». « Toute approche strictement institutionnelle semble en effet buter irrémédiablement, en Algérie, sur des obstacles sans cesse renouvelés qui trouvent leur origine dans l’organisation même de l’Etat algérien », indique-t-il.

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En fait, il est très offensif sur la position d'Alger qui, selon lui, « paraît toute aussi foisonnante au plan humain que dysfonctionnelle au plan politique ». Pour ce député, la solution est dans un changement de cap. Il préconise donc une « diplomatie non gouvernementale » qui peut permettre à Paris de continuer à avoir une influence de l'autre côté de la Méditerranée. La Commission des affaires étrangères a choisi, le 18 octobre, de suivre l’avis du rapporteur et demande au gouvernement français de faire de même.

 

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Le député indique que les représentants français en Algérie disposent de leviers – « loin des faux-semblants politiques ou de l’instrumentalisation du passé » pour contourner ces « blocages ». Il table sur la jeunesse algérienne, les entrepreneurs et la diaspora. Le député met donc en avant les actions mises en place, les services diplomatiques français dans le pays.

Il cite notamment l’Institut français qui soutient des artistes, des écrivains et des programmes d’échanges culturels et scientifiques. Le député recommande également que l’ambassadeur français à Alger ait pour mission de « mobiliser prioritairement les processus de coopération européenne ». Cette stratégie consiste à ce que la France travaille sous couverture de l'Union européenne pour faire avancer ses projets en Algérie.

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