Xavier Driencourt fait sa lecture de l'interdiction de l'enseignement du programme français en Algérie

Entre l'Algérie et la France, les vieux démons ne dorment jamais longtemps. Après une embellie des relations entre les deux pays marquée par des visites de haut niveau, Alger et Paris tombent dans leurs revers. La crise s'est de nouveau installée insidieusement et sans grand bruit. C'est dans ce contexte de divergences entre les deux pays que l'Algérie a décidé d'interdire l'enseignement du programme scolaire français dans les écoles privées.

Désormais, seul le programme national est autorisé au sein de ces établissements. La décision a été prise par le ministère algérien de l'Éducation nationale. Elle est entrée en vigueur depuis la nouvelle rentrée scolaire 2023-2024. Si le ministère explique cette décision par une volonté d'appliquer la loi algérienne, cette décision est considérée par certains politiciens en France comme un acte d'hostilité.

L'ex-ambassadeur de France en Algérie Xavier Driencourt qui s'est illustré ces derniers temps par son hostilité à l'Algérie, a fait sa propre lecture de la décision du ministère de l'Éducation nationale dans Le Journal Du Dimanche. Il revient sur l'enseignement du programme français en Algérie en rappelant que "le lycée Alexandre Dumas qui avait ouvert ses portes au début des années 2000 accueille plus de 1.500 élèves et a remplacé les anciens « lycées français », Descartes, Fromentin etc. éparpillés dans la ville et fermés dans les années 80 en raison de la politique d’arabisation puis de la guerre civile algérienne". Xavier Driencourt explique également qu' "avec un seul établissement scolaire français, (contre 45 lycées français qui forment plus de 40.000 élèves par an au Maroc voisin), les inscriptions au lycée relèvent du parcours du combattant".

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L'Algérie veut se débarrasser de l'influence française, dit Xavier Driencourt

Pour commenter la décision de l'interdiction de l'enseignement du programme français en Algérie, Xavier Driencourt affirme que "cette décision, qui relève évidemment de la souveraineté algérienne, s’inscrit dans un contexte bien connu : l’arabisation de l’enseignement, mais aussi récemment les décisions de remplacer la langue du colonisateur, ce fameux « butin de guerre » par l’anglais, langue « universelle et moderne » dit-on. Le français disait publiquement un ministre algérien, c’est la langue des perdants ! Tout est dit".

Xavier Driencourt considère que "la première conséquence de cette interdiction concerne évidemment les élèves des quelques 400 écoles privées qui seront pénalisés : ils avaient suivi leur scolarité en français, sur des programmes français, s’apprêtent à passer le baccalauréat français à Alger et se voient renvoyés vers un système algérien que souvent, ils maîtrisent mal et surtout, se voient interdire de passer le bac en Algérie. Ils devront, en effet, désormais passer les épreuves du bac en France, ce qui signifie partir une semaine en France, s’inscrire aux épreuves, demander un visa et acheter un billet d’avion. On imagine le découragement qui s’ajoutera au stress des élèves".

Xavier Driencourt conclut que "simplement, cette mesure devrait nous montrer que les déclarations politiques sur la « coopération culturelle » ou « le partenariat d’exception » sont vides de sens et que l’objectif d’Alger est bel et bien d’écarter puis d’éliminer l’influence française". Il faut dire que l'ancien ambassadeur est devenu spécialiste de la politique intérieure de l'Algérie. Il a multiplié ces derniers temps les déclarations hostiles à l'Algérie dans le sillage de l'idéologie de l'extrême droite française.


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