Accord de 1968 : un ancien Premier ministre revient à la charge

Le Sénat français vient d'adopter une série de mesures pour durcir les conditions d'accueil de nouveaux immigrés. Plusieurs avantages ont été supprimés pour les sans-papiers dont l’Aide médicale d’État (AME) remplacé par l'Aide médicale d'urgence (AMU). Des mesures qui ne seront pas effectives avant le vote à l'Assemblée nationale. Un vote qui risque de remettre en cause ces mesures décriée par une partie de la classe politique française dont les soutiens du gouvernement.

La conjoncture est donc favorable aux débats sur l'immigration. Dans ces débats, un autre question préoccupe la droite française. Ce sont les accords de 1968 entre l'Algérie et la France. Des accords qui rendent certaines dispositions inapplicables pour les Algériens. Le vote de la nouvelle loi sur l'immigration a donc relancé le débat sur l'accord entre l'Algérie et la France. Dans ce contexte, la droite française ne cesse de remettre en cause cet accord et de demander son annulation.

Nouvelle offensive sur l'accord de 1968

Édouard Philippe, ancien Premier ministre et maire du Havre, est revenu, ce lundi 13 novembre, sur cet accord. Il a affirmé sur FranceInfo qu' "on ne peut pas rester sous l'empire de cette convention signée en 1968, dans un autre contexte". Le potentiel candidat aux élections présidentielles de 2027 s'aligne donc sur les positions de la droite, concernant l'accord de 1968.

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"Je pense que ce régime n'a plus de justification", a déclaré le président du groupe Horizon au Parlement en mettant en avant la "nature des relations" entre la France et l'Algérie. "La tension qui prévaut en général devrait nous conduire à ne plus accepter un dispositif juridique dépassé, et sur lequel il faut revenir", a ajouté l'ancien Premier ministre.

Édouard Philippe a profité de cette occasion pour remettre en cause les relations algéro-françaises, notamment concernant l'accord de 1968. Pour lui, il est inacceptable que "des entreprises françaises en Algérie ne puissent pas faire revenir leurs capitaux". Il a également rappelé le rétablissement dans l'hymne national algérien "de paroles explicitement dirigées contre la France". "La France n’a pas à devenir la variable d’ajustement de la politique intérieure de l’Algérie", estime l'ancien Premier ministre qui conclut concernant l'accord de 1968 : "Je ne demande pas un régime plus difficile, je demande le droit commun, et que tout ce qui est plus favorable que le droit commun, on puisse revenir dessus".


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