Féminicides en Algérie : publication d'un rapport alarmant

Féminicides - Algérie - Femme assassinée - Crime - Meurtre

Les violences qui aboutissent parfois sur des féminicides, font partie du quotidien des Algériennes. Elles persistent encore dans une société conservatrice qui résiste à l'émancipation des femmes. Plusieurs associations ne cessent de tirer la sonnette d'alarme sur ce fléau qui touche la moitié de la société.

En effet, un récent rapport de la Fondation pour l'égalité et le Centre d'information et de documentation sur les droits des enfants et des femmes (CIDDEF) indique que « 6 % des femmes interrogées disent qu'elles ont été frappées au moins une fois au point d'avoir mal, ceci au cours des 12 mois qui ont précédé l'enquête de 2022. De manière plus parlante, il s'agit de près de 900.000 femmes. Le plus souvent, c'est l'époux qui exerçait la violence ».

La violence contre les femmes est donc toujours là. Banalisée et des fois passée sous silence, cette violence peut mener à l'irréparable. Il s'agit des féminicides qui prennent des proportions alarmantes en Algérie. Sur ce sujet, un collectif s'est constitué pour alerter, sensibiliser et informer. Ce collectif indique dans une publication datant du samedi 26 novembre qu'au moins 261 femmes ont été victimes de féminicides en Algérie depuis 2019. La moitié de ce nombre étaient des mères de famille et 16 étaient enceintes au moment de leur assassinat.

Wiame Awras, membre du collectif « Féminicides Algérie », en présentant ce rapport non exhaustif, basé principalement sur des cas évoqués par la presse, a indiqué que depuis « le 1er janvier 2023, 33 femmes ont été tuées, et entre 2019 et 2022, 228 femmes ont été assassinées ». La situation est donc inquiétante, « au moins une femme est assassinée » chaque semaine. La plupart des victimes ont été poignardées, égorgées ou tuées par arme à feu, selon l’étude du collectif « Féminicides Algérie » qui fait également état des cas de femmes brûlées vives.

80 % des féminicides commis par des proches des victimes

La militante pour l'égalité des genres Wiame Awras explique que les victimes ont un point en commun, elles sont « ciblées parce que femmes ». La société patriarcale qui reste très conservatrice, favorise ces crimes étant donné les raisons souvent invoquées par les meurtriers, notamment la jalousie, de « supposés crimes d’honneur » et des troubles mentaux, selon l'enquête du  collectif.

« Près de 80 % des féminicides sont commis par un membre de la famille de la victime », a relevé encore la militante féministe en précisant que dans 61 % des cas, il s’agit du conjoint. Dans d'autres cas, ce sont des jeunes qui tuent leurs mamans. Dans certains cas, ce sont des familles entières qui se rendent complices d'assassinats, comme c'est le cas de « Nihal, 19 ans, tuée en mars 2022 par des proches qui ont invoqué un crime d’honneur, car elle était enceinte hors mariage ».

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