La révision de l'accord de 1968 rejetée par l'Assemblée nationale

Assemblée nationale française, drapeaux de la France et de l'Algérie

Le groupe Les Républicains de l'Assemblée nationale française a échoué à faire adopter sa proposition visant à dénoncer l'accord franco-algérien de 1968 qui confère un statut particulier aux Algériens en matière de circulation, de séjour et d'emploi en France. Les députés français ont rejeté, le jeudi 7 décembre, la proposition faite par ce parti de la droite, demandant aux autorités françaises de dénoncer l'accord en question que la droite et l'extrême droite qualifient de "presque un droit automatique à l'immigration".

En effet, les Républicains, ce parti présidé par Eric Ciotti, ont profité de leur niche parlementaire pour faire une proposition visant la dénonciation de l'accord franco-algérien de 1968. Le vote a eu lieu le jeudi et la proposition de la droite a, sans surprise, été rejetée par la majorité de l'Assemblée nationale, par 151 voix contre et 114 voix pour. Sans surprise parce que les députés de la majorité présidentielle avaient l'intention de repousser la proposition et l'ont déclaré publiquement.

Le groupe Horizons d'Edouard Philippe ont voté contre l'accord franco-algérien de 1968

D'ailleurs, parmi les députés de la majorité présidentielle, seuls les membres du groupe Horizons de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe et du maire de Nice, Christian Estrosi ont voté en faveur du texte des Républicains. Aussi, deux membres du groupe Renaissance du président français Emmanuel Macron ont soutenu ce texte hostile à l'accord franco-algérien de 1968. Ils sont mis du côté du parti d'Eric Ciotti et de Nicolas Sarkozy, au même titre que le Rassemblement national de Marine Le Pen, dont les députés ont apporté leur soutien à la proposition des Républicains.

D'un autre côté, pour repousser l'offensive de la droite et de l'extrême droite, les députés de la majorité présidentielle ont pu compter sur le soutien de tous les groupes de la gauche qui dénoncent, à ce titre, les fantasmes de la droite sur les questions migratoires. Bien entendu, les députés du parti La France Insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon ont voté contre la proposition dénonçant l'accord franco-algérien de 1968 qui donne aux Algériens non pas un titre de séjour, mais un certificat de résidence.

Le texte des Républicains qualifié de tract d'extrême droite

Pour des raisons économiques et historiques, la France et l'Algérie ont signé l'accord de 1968 qui traite les Algériens, 6 ans après l'indépendance, différemment en matière d'immigration, de travail et de circulation. L'accord a été amendé à deux reprises, au moins, mais l'extrême droite, suivie ensuite par la droite, fait des pieds et des mains pour annuler cet accord considéré comme "presque un droit automatique à l'immigration".

Le gouvernement et ses soutiens au sein de la classe politique estime que la révision de l'accord franco-algérien de 1968 était nécessaire, mais il n'est pas question de "dénoncer un accord de manière unilatérale (qui) serait une agression envers un pays voisin et ami", comme le précise la députée Huguette Tiegna. "Vous voulez faire plaisir à la frange de votre électorat le plus extrême", lance une députée écologiste, alors que pour un député insoumis, "on croirait lire un tract d'extrême droite".

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