La majorité des Français veut rompre l'accord franco-algérien de 1968 (Sondage)

L'accord franco-algérien de 1968 qui confère un statut particulier aux Algériens en matière de circulation, de séjour et d'emploi en France, continue à alimenter les débats dans l'Hexagone, dans le sillage du débat sur la question de l'immigration et de la loi de Gérald Darmanin qui lui est consacrée. La droite et l'extrême droite sont particulièrement hostiles à cet accord, y compris les médias qui leur sont proches ou même inféodés.

En plein débat autour de la loi sur l'immigration présentée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, les trois médias de droite, CNews, le Journal du Dimanche (JDD) et Europe1 ont commandé un sondage à l'institut CSA sur la question de l'immigration. Parmi les questions posées dans cette enquête, figure celle liée à l'accord franco-algérien de 1968 qui prévoit des dérogations favorables aux Algériens en matière d'immigration.

Il faut dire que la question posée dans le sondage est est quelque peu biaisée et même tendancieuse. "Les accords de 1968 favorisent l'immigration algérienne en France. Faut-il rompre ces accords ?" est-il demandé aux personnes sondées. La réponse est sans appel. 71 % des Français estiment qu'il faut rompre les accords signés par la France et l'Algérie en 1968. Parmi ces 71 % de Français, il y a de grosses disparités entre les différents courants politiques de l'Hexagone.

Accord franco-algérien de 1968 : la droite et les Macronistes sont majoritairement hostiles

En effet, et tout naturellement à droite, ils sont les plus nombreux à vouloir en fini avec l'accord franco-algérien de 1968 qui traite les Algériens en dehors du droit commun en matière d'immigration. Ils sont, en fait, 86 % à droite à souhaiter la rupture de cet accord, mais seulement 49 % à gauche. Selon le même sondage, les électeurs "macronistes" sont majoritairement favorables à la rupture de cet accord franco-algérien. Ils sont 80 % à vouloir mettre fin à l'accord, à croire qu'ils ne sont pas issus du Parti socialiste d'où sont issus Emmanuel Macron et ses soutiens.

Ce sondage a également touché aux autres aspects de l'immigration. Comme lors de la décision du parti Les Républicains d'Eric Ciotti de proposer une dénonciation de l'accord dans le cadre des débats autour du sujet de l'immigration. Si les députés de l'Assemblée française ont rejeté la proposition, le gouvernement d'Elisabeth Borne a fait savoir qu'elle ne fermait pas la porte à l'idée d'une renégociation de l'accord avec les autorités algériennes. En fait, les autorités françaises sont conscientes qu'elles ne peuvent pas décider quoi que ce soit sur cet accord, y compris par voix parlementaire, car l'accord franco-algérien de 1968 relève du droit international et non de la loi ordinaire. Cela veut dire que la loi Darmanin sur l'immigration par l'Assemblée ne concerne pas les Algériens.

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