Loi immigration en France : 110'000 étrangers dont 30'000 enfants vont plonger dans la pauvreté

Immigration - Loi Darmanin - France

En France, la nouvelle loi sur l’immigration risque de faire plonger des dizaines de milliers de personnes dans la précarité. En effet, en cas de l’application de cette loi, « au moins 110'000 personnes, dont 30'000 enfants, seront privés de leurs droits sociaux », selon un collectif.  

Dans une note publiée vendredi 19 janvier, le collectif Nos services publics alerte sur les conséquences de la loi Immigration si elle venait à être promulguée en France, notamment son volet sur la « préférence nationale » cher à l’extrême droite. En effet, la nouvelle loi sur l’immigration a introduit des mesures draconiennes concernant le volet des aides sociales pour les étrangers.

Le rapport estime que le fait de « conditionner la quasi-totalité des prestations familiales et des allocations logement - en ce qui concerne les personnes étrangères uniquement - à une durée de présence sur le territoire d'au moins 5 années ou d'une durée d'activité professionnelle minimale » risque d'aggraver la pauvreté et les conditions de vie des plus précaires.

« Le nombre de personnes qui se verraient privées de leurs droits sociaux, à cotisations égales, et sur le seul motif de leur lieu de naissance ou de la nationalité de leurs parents, est estimé à au moins 110'000, dont 30'000 enfants », souligne le texte. Sur ces 30'000 enfants, « il y en a un sur deux qui se situerait sous le seuil de très grande pauvreté » si la loi devait entrer en vigueur, a affirmé à FranceInfo Arnaud Bontemps, co-porte-parole du collectif Nos services publics.

Loi immigration en France : les aides sociales conditionnées pour les étrangers non européens

Alors que jusqu’à présent, les aides sociales « étaient des droits universels » comme le rappelle Arnaud Bontemps, certaines familles pourraient voir leur revenu disponible diminuer de centaines d’euros par mois, si la loi Immigration était mise en œuvre. Cette dernière prévoit de conditionner la quasi-totalité des prestations familiales et des allocations logement, pour les étrangers non-européens, à une durée de présence en France.

Pour illustrer la situation, le rapport prend l’exemple de deux mères célibataires d’un enfant. Yasmine, Française, et Saba, Érythréenne. Elles sont toutes les deux aides-soignantes. Avec la loi immigration, Saba perdra le droit à l’allocation de soutien familial, mais aussi l’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant et l’allocation de logement social (APL). Sans ces aides, Saba ne gagnera plus que 651 euros, contre 1 621 euros pour Yasmine.

Autre exemple des plus frappants est celui d’Ismaël et Sofia, deux enfants français d’un an, nés en France. Ils ont deux parents, leur foyer est dans la même situation économique. « Néanmoins, parce que les parents d’Ismaël ne sont pas Français, la différence entre ces deux enfants à la fin de chaque mois pour le foyer serait de 500 euros en moins d'allocations familiales et de prestation d'accueil du jeune enfant », dénonce le co-porte-parole du Collectif.

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