Non, Bardella ne va pas supprimer la double nationalité

La question de la double nationalité en France est devenue un sujet de débat intense, particulièrement avec la montée en puissance de l'extrême droite. Le Rassemblement national (RN) avec Jordan Bardella à sa tête, est aux portes du pouvoir, ce qui fait craindre aux binationaux un changement de loi.

Lors d'une émission sur France Bleu, Jordan Bardella a répondu à un auditeur franco-algérien, Kamel, qui exprimait ses préoccupations. « Je me sens en danger. J'ai peur par rapport à ça. Je suis franco-algérien. Je ne veux pas renier mes origines », a-t-il déclaré. Jordan Bardella a répondu tentant de clarifier sa position. « Merci de me permettre de clarifier, car nous n'avons pas été compris sur cette question », a-t-il commencé. Il a ensuite affirmé sans équivoque : « Je l'ai dit : je n'entends pas remettre en cause et je ne remettrai jamais en cause la double nationalité en France ».

Selon Bardella, ses déclarations avaient été mal interprétées. Il a expliqué qu'en répondant à une question lors d'une conférence de presse sur le renforcement des contrôles à certains postes stratégiques, ses propos ont été mal compris. « J'ai indiqué que nous souhaitions renforcer les contrôles sur un certain nombre de postes stratégiques au regard du risque d'ingérence pouvant représenter certaines fonctions », a-t-il précisé. Bardella a également rappelé que ces contrôles existaient déjà et ne visaient pas spécifiquement les binationaux.

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Les positions controversées du RN sur la double nationalité

Il est important de rappeler que l'histoire du RN héritier du Front national (FN), est marquée par des positions controversées sur la question de la double nationalité. Dans les années 1980, Jean-Marie Le Pen critiquait déjà la double nationalité, reprochant à Yannick Noah d'être franco-camerounais. Il a appelé les binationaux à choisir entre leurs nationalités. Sa fille, Marine Le Pen, en 2011, a également exprimé des positions similaires, allant jusqu'à demander l'interdiction de la binationalité.

Cependant, en 2022, avant l'élection présidentielle, le RN a changé de position, dans le cadre de sa stratégie de dédiabolisation. La proposition de loi constitutionnelle déposée par le RN en janvier 2024 ne préconisait plus l'interdiction de la binationalité. À l'époque, elle suggérait que la loi pourrait interdire l'accès à certains emplois dans l'administration et les entreprises publiques aux personnes possédant une autre nationalité.


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